Étienne Klein : le physicien déchu de son doctorat pour plagiat

C’est une sanction sans appel pour l’un des visages les plus connus de la science en France. Étienne Klein, le célèbre physicien et vulgarisateur, vient de se voir retirer son doctorat par l’Université Paris Cité.
etienne klein doctorat

Si vous suivez un peu l’actualité scientifique, vous connaissez forcément Étienne Klein. Membre du conseil scientifique de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques, chroniqueur sur France Inter et auteur prolifique, il était jusqu’ici une figure incontournable. Mais aujourd’hui, c’est pour une affaire de probité académique qu’il fait la une.

« Copier-coller » dans deux tiers des pages

L’histoire commence en août 2024, quand le média Arrêt sur images publie une enquête explosive sur la thèse du physicien, soutenue en 1999. Après une procédure de 20 mois, le verdict est tombé : les instances universitaires ont découvert des emprunts non signalés dans environ deux tiers des pages de son travail. Pour ceux d’entre vous qui se lancent dans l’aventure académique, n’oubliez pas de consulter nos astuces pour réussir sa thèse de doctorat dans les règles de l’art.

La sanction est double et particulièrement sévère :

  • Le retrait définitif de son doctorat.
  • Une interdiction formelle de se réinscrire en doctorat.

« Je suis conscient d’avoir enfreint certaines règles. J’en suis désolé et prie qu’on veuille bien m’excuser », avait déclaré le physicien lors des premières révélations en 2024.

La défense d’Étienne Klein

Si le physicien avait présenté des excuses publiques par le passé, son discours a évolué suite à la notification de la sanction début juin. Dans un long message partagé sur les réseaux sociaux, Étienne Klein a adopté un ton plus défensif, évoquant notamment le contexte de l’époque et l’évolution des outils numériques.

Il pointe du doigt la traque automatisée des « guillemets oubliés » via des logiciels anti-plagiat, tout en rappelant que son jury de thèse, en 1999, n’avait rien trouvé à redire sur son manuscrit à l’époque. Il interroge même le rôle de l’intelligence artificielle dans notre conception actuelle de l’originalité et de la notion d’auteur.

Un choc pour le monde académique

Cette décision fait grand bruit dans le milieu de la recherche. Pour beaucoup d’observateurs, comme le sociologue des sciences Arnaud Saint-Martin, il s’agit d’une question de « justice épistémique ». La thèse étant le socle de la crédibilité académique, la découverte d’un tel niveau de « recyclage » de textes est jugée incompatible avec le contrat universitaire.

Thomas C. Durand, docteur en biologie et vulgarisateur, estime de son côté qu’il ne faut pas protéger les figures reconnues sous prétexte de leur notoriété : « On ne protège pas la culture scientifique en ménageant ses figures reconnues. »

Pour l’instant, l’Université Paris Cité a confirmé avoir notifié ses décisions individuelles à l’intéressé, sans souhaiter faire davantage de commentaires sur cette situation personnelle. Étienne Klein conserve toutefois la possibilité de contester ces mesures via des recours administratifs.

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