Du phénomène Facebook au long-métrage « Who »
Si tu as suivi l’âge d’or des vidéos courtes sur les réseaux sociaux, le nom de Wil Aime te parle forcément. Révélé en 2015 avec ses scripts ciselés et son gimmick « Chaque détail compte », le créateur de contenu originaire de Guadeloupe s’était imposé comme le maître incontesté de la fiction sur mobile.
Ses vidéos policières ou sentimentales comme L’art de la tromperie accumulaient des dizaines de millions de vues, attirant l’œil de stars internationales telles que 50 Cent ou Martin Lawrence. Mais après un pic d’activité en 2020, Wilhem Oxybel — de son vrai nom — a soudainement quitté le devant de la scène pour travailler dans l’ombre sur son projet ultime : un long-métrage de fiction.
Un retour sous tension judiciaire
Ce silence radio de près de sept ans a pris fin en mai 2026 avec l’événementiel Who. Projeté dans les salles obscures, notamment au Grand Rex à Paris, puis diffusé à grande échelle sur la plateforme Disney+, le film signait sur le papier le comeback réussi du roi du suspense. Pourtant, les coulisses de cette production révèlent une réalité bien plus sombre.
Le directeur artistique du projet, épaulé par d’autres techniciens et salariés ayant œuvré dans le secret absolu du tournage, accuse aujourd’hui le réalisateur de ne pas avoir honoré les rémunérations dues.
« Il nous l’a bien mis à l’envers. »
Les griefs exprimés par les équipes techniques et artistiques regroupent plusieurs manquements lourds :
- Des salaires impayés ou largement inférieurs aux montants promis lors de l’engagement.
- Des clauses de confidentialité jugées drastiques, interdisant toute photo ou mention du tournage sous peine de sanctions.
- Un sentiment de flou financier sur un projet pourtant vendu à grande échelle et diffusé sur une plateforme internationale.
Un virage critique et éditorial difficile
Cette affaire judiciaire s’ajoute à un accueil critique mitigé pour le passage au format long du vidéaste. Alors que la communauté de fans s’était mobilisée pour sa sortie en salles, des médias comme Télérama n’ont pas hésité à pointer du doigt un passage raté au format cinéma, qualifiant le long-métrage d’exercice de style trop bavard et égocentrique.
Passer du format très court conçu pour les smartphones aux contraintes d’une production cinématographique traditionnelle impose des règles strictes, tant sur le plan du rythme narratif que du droit du travail. Wil Aime, qui n’a pas encore réagi publiquement à cette plainte déposée dans la capitale, se retrouve aujourd’hui face au chapitre le plus complexe de sa carrière.







