L’immigration, facteur de hausse de la mortalité infantile en France

Un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) établit un lien direct entre la hausse de la mortalité infantile en France et l’augmentation de la proportion de mères nées à l’étranger.
immigration mortalite infantile

C’est un document qui a dormi pendant plus de sept mois dans les tiroirs du ministère de la Santé. Finalement publié début août à la suite d’une révélation du Canard Enchaîné, le rapport de l’IGAS dresse un bilan particulièrement sombre de la santé périnatale en France. Alors que le pays figurait parmi les trois meilleurs élèves européens à la fin des années 1990, il se retrouve aujourd’hui entre la 20e et la 23e place de l’Union européenne, avec un taux remonté à 4,1 ‰ en 2024.

Si plusieurs facteurs structurels sont mis en cause, le document identifie l’évolution démographique et la dynamique des flux migratoires comme un moteur prépondérant de cette dégradation sanitaire. Cette réalité intervient alors que le panorama démographique évolue constamment, à l’image des récents chiffres où la France comptabilisait 384 230 titres de séjour délivrés en 2025.

Plus d’un tiers de la hausse expliqué par la part des mères nées à l’étranger

Selon les données analysées par la mission d’inspection, la hausse du nombre de femmes enceintes nées à l’étranger expliquerait à elle seule plus d’un tiers de la progression de la mortalité infantile observée ces dernières années en France.

Le rapport met en évidence des disparités très fortes selon la nationalité d’origine des mères :

  • Mères nées en France, en Europe ou en Asie : Le taux de mortalité infantile moyen s’établit à 3,4 décès pour 1 000 naissances.
  • Mères nées au Maghreb : Le chiffre grimpe à 4,6 ‰.
  • Mères nées en Afrique subsaharienne : Le taux atteint 7,5 ‰, soit un risque environ 2,2 fois plus élevé que pour les femmes nées sur le territoire national.

« L’augmentation de la proportion de mères nées à l’étranger expliquerait plus d’un tiers de la hausse de la mortalité infantile en France. » — Rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS).

Précarité, retards de suivi et barrières administratives

Pour expliquer ces écarts statistiques majeurs, les auteurs du rapport mettent en avant la grande vulnérabilité socio-économique de nombreuses mères issues de l’immigration, combinée à un accès tardif aux soins de santé prénataux.

La première consultation médicale, officiellement recommandée avant la 12e semaine d’aménorrhée, accuse souvent de lourds retards. Plus d’une femme sur trois née en Afrique subsaharienne commence son suivi prénatal après 14 semaines de grossesse, contre 17 % chez les femmes nées en France.

Les obstacles identifiés par l’IGAS sont multiples :

  • Conditions de vie précaires : Une surreprésentation des situations de grande pauvreté ou d’isolement social.
  • Accès au système de santé : Des démarches administratives complexes ou une barrière de la langue qui retardent la prise en charge médicale.
  • Ajustement du réseau de soin : Un système de santé parfois mal adapté aux besoins spécifiques de ces populations très exposées.

Déficit en soins critiques et colmatage politique

L’immigration n’est toutefois pas la seule cause pointée du doigt par le rapport, rédigé notamment par l’ancien conseiller présidentiel Aquilino Morelle. L’étude alerte sur une crise globale de la médecine périnatale, marquée par un manque critique de lits en réanimation néonatale, un suivi de grossesse déficient et le recul de la prévention sur le territoire.

En revanche, le document balaie la théorie selon laquelle la fermeture des petites maternités de proximité serait le facteur principal de cette dégradation. Des pays comme la Suède ont concentré leurs maternités tout en affichant une mortalité infantile minimale, tandis que d’autres comme l’Italie obtiennent d’excellents résultats avec de petites structures.

Du côté des syndicats de soignants et de l’Ordre des Sages-Femmes, l’agacement prévaut face au délai de publication de cette étude. Beaucoup y voient une manœuvre pour éviter de faire face à la pénurie massive de personnel dans les maternités françaises.

Actualités

Acquisition > Newsletter : Sidebar