C’est le genre de mauvaise surprise dont tous les étudiants se passeraient bien au moment de choisir leur orientation. La direction départementale de la protection des populations (DDETSPP) du Haut-Rhin a officiellement rappelé à l’ordre la société ESGM – École Sup Gestion Management, située à Mulhouse et associée au réseau ProFormat – Pigier. En effet, les agents de la répression des fraudes ont épinglé l’établissement pour plusieurs pratiques commerciales trompeuses particulièrement graves sur son site internet esgmformation.com.
Des promesses de diplômes reconnus… qui s’avèrent fausses
Quand tu cherches une école supérieure privée, certains critères ne trompent pas : la reconnaissance de l’État et la possibilité de valider des crédits ECTS pour poursuivre tes études ailleurs ou partir en ERASMUS. Cependant, l’enquête administrative a révélé que l’établissement alsacien survendait largement ses formations sur le web pour attirer les candidats.
- Absence de crédits ECTS : L’école affirmait que ses cursus Bachelor et MBA permettaient d’obtenir des crédits ECTS, alors que ce n’est absolument pas le cas.
- Fausse reconnaissance par l’État : Le site laissait croire que la totalité des diplômes délivrés bénéficiaient d’un tampon officiel de l’État, ce qui est faux pour les Bachelors et les MBA visés.
- Masquage du statut privé : L’établissement omettait volontairement de préciser clairement son caractère privé auprès des futurs élèves.
Ainsi, ces méthodes contreviennent directement au Code de la consommation. La répression des fraudes a donc enjoint à la direction de la société de supprimer immédiatement l’ensemble de ces allégations trompeuses de ses supports de communication sous peine de sanctions plus lourdes.
Un secteur sous tension : vers un contrôle renforcé
Cette affaire locale s’inscrit dans un contexte national de vigilance accrue face aux dérives de l’enseignement supérieur privé à but lucratif. Un rapport choc de l’IGAS et de l’IGÉSR met d’ailleurs en garde contre la qualité pédagogique inégale de certains groupes et le manque de transparence sur la valeur réelle des cursus proposés. Tu peux consulter la liste noire des écoles privées fermées ou sous le coup de sanctions pour en savoir plus sur l’ampleur du phénomène.
« Le rapport met en évidence des fragilités récurrentes en matière de qualité pédagogique, le recours à des pratiques commerciales trompeuses ainsi qu’un déficit de transparence quant à la reconnaissance des diplômes. »
Porté par la réforme de l’apprentissage de 2018, ce marché s’est développé de façon spectaculaire. Aujourd’hui, les inspections recommandent 32 mesures urgentes pour mieux encadrer l’entrée des établissements sur le marché, renforcer les contrôles publics et mieux protéger les étudiants contre les promesses mensongères.
Comment éviter de se faire piéger par les écoles privées ?
Pour ne pas tomber dans le panneau au moment de ton inscription et éviter de payer des frais de scolarité exorbitants pour un titre non reconnu, il convient d’adopter quelques réflexes simples de vérification systématique.
- Vérifie la présence exacte de la formation au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) tenu par France Compétences.
- Consulte le site du ministère de l’Enseignement supérieur pour vérifier si la formation délivre un vrai diplôme visé ou un grade officiel (licence ou master).
- Ne confonds pas un « titre certifié » (axé sur des compétences professionnelles) avec un diplôme reconnu académiquement par l’État.
Par conséquent, la prudence reste de mise avant d’engager tes frais de scolarité dans un cursus. Si tu as un doute sur la légalité des promesses affichées par un établissement, tu peux directement signaler les anomalies constatées aux services de la DGCCRF via la plateforme officielle SignalConso.







