Nice : deux enseignantes agressées par une mère sous OQTF

La rentrée scolaire a viré au cauchemar ce lundi 2 novembre dans le quartier Malausséna. Une mère de famille a séquestré la directrice et giflé une institutrice dans une école maternelle à Nice. Heureusement, les forces de l’ordre ont rapidement interpellé la suspecte, désormais visée par une enquête pour tentative de meurtre.
ecole claude roassal

La cloche de neuf heures vient tout juste de sonner ce lundi 2 novembre. Dans la cour de l’école maternelle Clément-Roassal, les rires d’enfants résonnent encore après les vacances de la Toussaint. Pourtant, cette matinée de rentrée bascule soudainement dans l’angoisse la plus totale. Une mère de famille de 36 ans franchit alors les grilles de l’établissement avec une détermination glaciale.

Elle exige un entretien immédiat avec la directrice de la structure. En réalité, cette femme dissimule une arme de poing et un couteau de cuisine sous son manteau. Personne ne soupçonne encore le calvaire qui attend l’équipe éducative du centre-ville niçois.

Soixante minutes de terreur et de séquestration

Dès son entrée dans le bureau directorial, la visiteuse verrouille la porte à double tour. Elle isole ainsi la directrice du reste du bâtiment scolaire. En fait, l’intruse accuse avec véhémence l’équipe d’avoir ignoré des violences sexuelles subies par son propre enfant. La tension explose instantanément dans la pièce close.

L’assaillante sort alors une arme à feu et braque directement la responsable pédagogique. La directrice se retrouve prise au piège pendant près d’une heure. Ensuite, la violence physique prend le relais des menaces verbales. La suspecte assène d’abord une première gifle brutale à son interlocutrice.

Elle lui tire violemment les cheveux avant de ranger momentanément son pistolet à la ceinture. Toutefois, ce répit précaire ne dure que quelques secondes. La furie reprend aussitôt le dessus dans le huis clos du bureau. De plus, l’agresseuse confisque immédiatement le téléphone portable de la victime pour empêcher tout appel vers l’extérieur.

Le simulacre glaçant de la roulette russe

La panique franchit un cap insoutenable au cœur de cette confrontation forcée. En effet, la trentenaire braque de nouveau l’arme sur la tête de la directrice. Elle actionne alors la queue de détente sans qu’aucun coup de feu ne parte. Résultat, un sinistre déclic métallique résonne dans le silence de la pièce.

L’assaillante affirme froidement n’avoir gardé que deux balles réelles dans son barillet. Ce simulacre macabre de roulette russe traumatise profondément la directrice d’école. Puis, la mère de famille utilise la crosse de son arme pour lui frapper sauvagement le visage. Le sang commence à couler sur les joues de la victime terrorisée.

Enfin, l’agresseuse dégaine un grand couteau tranchant. Elle plaque la lame froide directement contre la joue de l’enseignante blessée. Heureusement, aucun enfant de l’école n’assiste à ce déchaînement d’agressivité. Les élèves restent confinés avec le reste du personnel dans les salles de classe voisines.

Une seconde agression dans les couloirs avant la fuite

Vers dix heures, la femme quitte enfin le bureau de la direction. Mais sa colère destructrice ne retombe absolument pas. Dans le couloir adjacent, elle croise une seconde institutrice sur son chemin. Elle répète aussitôt ses accusations délirantes devant cette collègue totalement prise au dépourvu.

Soudain, la suspecte décoche une gifle retentissante à cette deuxième enseignante. Elle pointe une nouvelle fois son arme de poing dans sa direction avant de manipuler la détente. Puis, l’assaillante s’enfuit à grandes enjambées par les portes de l’école maternelle. La stupeur gagne alors l’ensemble du personnel communal et enseignant.

L’alerte générale est transmise sans attendre aux forces de l’ordre niçoises. D’ailleurs, les policiers de la brigade anticriminalité et de la police judiciaire réagissent en un éclair. Les enquêteurs localisent très rapidement le domicile de la suspecte dans le périmètre. Les forces de l’ordre interceptent la fuyarde sur la voie publique avant midi.

Un profil judiciaire particulièrement explosif

Durant sa garde à vue prolongée, cette aide-soignante de 36 ans conteste fermement les violences physiques. Pourtant, les policiers découvrent un casier judiciaire déjà lourd de deux condamnations. La justice l’avait notamment sanctionnée pour des violences avec arme en 2019 puis en 2023. De surcroît, la perquisition de son appartement ne permet pas de retrouver l’arme utilisée.

Les investigations mettent aussi en lumière un parcours administratif sous haute tension. Cette femme affirme posséder la double nationalité tunisienne et italienne. En réalité, la préfecture lui avait déjà notifié une obligation de quitter le territoire français. Elle faisait d’ailleurs l’objet d’une assignation à résidence avec obligation de pointage au commissariat.

Par ailleurs, les services du renseignement territorial surveillaient autrefois son profil pour radicalisation terroriste. Son inscription au fichier FSPRT s’était toutefois achevée au début de l’année 2024. Désormais, le procureur de la République Damien Martinelli ordonne une enquête formelle pour tentative de meurtre sur personne dépositaire d’une mission de service public.

Élément cléDétail du dossier judiciaireStatut au moment des faits
Situation légaleObligation de quitter le territoire français (OQTF)Assignée à résidence avec pointage régulier
Casier judiciaireDeux condamnations en 2019 et 2023Violences volontaires avec arme
RenseignementFichier de suivi des signalements (FSPRT)Suivie pour radicalisation jusqu’en 2024
Qualification pénaleEnquête confiée à la police judiciaire de NiceTentative de meurtre sur agent public

L’onde de choc politique et la colère du corps enseignant

Cette agression d’une brutalité rare soulève une vague d’indignation unanime au sommet de l’État. À l’Assemblée nationale, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez détaille personnellement le dossier devant les députés. Il précise notamment que l’arme semblait factice d’après les premiers éléments de l’enquête. Cependant, son usage a simulé un péril de mort imminent pour les deux enseignantes.

De son côté, le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray dénonce un acte insoutenable sur ses réseaux sociaux. Il annonce également sa venue sur place en fin de semaine pour soutenir les professeurs. Dès le lundi midi, le maire de Nice Éric Ciotti s’est rendu sur les lieux pour condamner une violence inouïe.

Le climat de violence général répercute ses effets destructeurs au cœur même de nos salles de classe.

Ce constat dressé par le syndicat d’enseignants FSU-SNUipp résume fidèlement le traumatisme du corps professoral. En clair, les professeurs réclament des réponses pénales exemplaires et des barrières de sécurité renforcées. La communauté éducative refuse désormais que l’école de la République serve de défouloir armé aux tensions de la société.

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