Des prisons britanniques aux mouvements ouvriers
Contrairement aux idées reçues, cet acronyme pour « All Cops Are Bastards » (« Tous les flics sont des bâtards ») ne date pas d’hier. S’il est impossible de lui attribuer un inventeur officiel, les historiens font remonter ses traces dans les milieux carcéraux anglais dès les années 1920 et 1940.
L’expression gagne en puissance au cours des décennies suivantes, portée par différentes sous-cultures en rupture avec l’autorité :
- Dans l’Angleterre ouvrière de l’entre-deux-guerres, où la contestation sociale gronde.
- Chez les skinheads et les hooligans dans les années 1980, qui scandent le slogan pour exprimer leur colère face aux politiques ultra-libérales de Margaret Thatcher.
- Dans les stades de football européens, notamment en Italie dans les années 1990, où les supporters ultras l’adoptent massivement contre la répression policière.
C’est une longue tradition de détestation de la police qui s’inscrit dans l’histoire des mouvements sociaux et des contestations de l’ordre établi.
Le passage au code « 1312 » et à l’ère numérique
Avec l’essor d’internet, des hashtags et de la censure algorithmique sur les réseaux sociaux, le slogan a dû s’adapter pour contourner les modérateurs. C’est là qu’intervient le code « 1312 », qui correspond tout simplement à la position des lettres dans l’alphabet (1 pour A, 3 pour C, 1 pour A, 2 pour B).
Facile à retenir, visuel et parfaitement taillé pour la viralité des plateformes numériques, ce code s’est imposé comme un marqueur politique et contestataire incontournable, de Black Lives Matter aux mobilisations sociales en France.







