Un marketing agressif pour des résultats désastreux
Si tu as traîné sur Instagram ces dernières années, tu es peut-être tombé sur ces stories : des influenceurs, lunettes de protection sur le nez, vantant les mérites d’une épilation définitive « indolore » et « sans risque » dans les centres Epil House. Pour des millions d’abonnés, certaines starlettes de télé-réalité n’hésitaient pas à encourager leurs followers à y aller « les yeux fermés ».
Sauf que pour beaucoup de clientes, la réalité a été bien différente. Au total, 126 plaintes ont été officiellement déposées auprès du procureur de la République de Paris, et le collectif d’Aide aux victimes d’influenceurs (AVI) estime que ce sont plus de 268 personnes qui se disent aujourd’hui lésées par l’enseigne.
« Quand les gens regardent, j’ai la sensation d’être une bête de foire », témoigne Isabelle, une victime qui garde des cicatrices visibles aux avant-bras suite à ses séances.
Brûlures graves et manque de qualification
Le bilan est lourd. Parmi les victimes, 32 font état de brûlures allant du second au troisième degré. Le problème ? Un manque criant de professionnalisme dans ces centres. Alors que le métier d’esthéticienne demande des compétences pointues et un respect strict des protocoles, les témoignages s’accumulent pour dénoncer :
- Des séances pratiquées par du personnel sans aucune qualification médicale.
- L’utilisation de lasers à intensité maximale sans aucune précaution d’hygiène.
- Des menaces proférées envers les clientes qui osaient se plaindre des résultats.
Il est crucial de rappeler que la médecine esthétique et les soins laser ne s’improvisent pas. Pour celles et ceux qui souhaitent s’orienter professionnellement dans le domaine, suivre une formation sérieuse dans la filière esthétique est la seule garantie d’acquérir les bases de sécurité, d’hygiène et de législation nécessaires à l’exercice.
Des centres « fantômes » et une arnaque organisée
L’autre facette du scandale est financière. De nombreuses clientes avaient réglé des forfaits complets pour plusieurs milliers d’euros avant que les centres ne ferment brutalement les uns après les autres à travers la France. Depuis l’été 2025, la direction est aux abonnés absents et les centres sont désertés.
Pour Jean-Baptiste Boisseau, porte-parole du collectif AVI, ce mode opératoire est inquiétant :
« Il y a une construction un petit peu mafieuse de ces réseaux qui se montent très rapidement, qui arrivent à faire venir beaucoup de cash, et après, tout le monde disparaît dans la nature. »
Alors que l’enquête suit son cours pour blessures involontaires, escroquerie et pratiques commerciales trompeuses, l’avocate des plaignantes, Me Rebecca Lahoud-Heilbronner, compte bien interroger le rôle des influenceurs dans cette affaire. Une mise en garde brutale sur les dangers de faire confiance à des promotions rémunérées pour des actes de médecine esthétique.







