C’est la news business qui secoue le monde du tourisme cet été. Si tu as déjà passé un week-end dans un cottage en bois sous les arbres ou loué un appart à la mer, tu connais forcément Pierre & Vacances ou Center Parcs. Ce fleuron national, qui pèse près de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires et gère plus de 45 000 hébergements, s’apprête à changer radicalement de dimension.
Ce lundi 20 juillet 2026, un accord de rapprochement officiel a été conclu. Le fonds émirati Mubadala Capital va acquérir la totalité des titres via une offre publique d’achat (OPA) volontaire en numéraire. Une opération XXL qui valorise le groupe français à hauteur d’un milliard d’euros.
Le cap des 80 % franchi in extremis
Tout s’est joué à quelques jours près. L’offre initiale, balancée le 22 juin dernier, avait déjà le feu vert des gros actionnaires historiques (les fonds Fidera, Benefit Street Partners et Atream) qui possédaient 58,6 % des parts. Mais pour que le deal se concrétise, Mubadala avait posé une condition stricte : obtenir l’adhésion d’autres porteurs pour atteindre au moins 80 % du capital avant le 17 juillet.
Le suspense a pris fin avec un score final de 80,13 % d’engagements d’apport. Le conseil d’administration a validé l’accord à l’unanimité. Prochaine étape ? Le dépôt officiel de l’OPA d’ici le premier trimestre 2027, le temps de décrocher les validations réglementaires habituelles. Si Mubadala parvient à rafler 90 % des actions à ce moment-là, le groupe quittera définitivement la Bourse.
De la faillite évitée au jackpot émirati
Pour comprendre le séisme, il faut remonter un peu le fil de l’histoire. Créé en 1967 par Gérard Brémond autour d’un concept novateur de copropriété touristique, Pierre & Vacances a grandi très vite, jusqu’à gober Center Parcs en 2003, puis Maeva et les résidences Adagio. Mais la machine s’est grippée au milieu des années 2010 avant de subir de plein fouet le mur du Covid-19.
- 2022 : Le groupe frôle la faillite historique et subit une restructuration lourde, poussant son fondateur mythique vers la sortie.
- 2024 : Les comptes repassent enfin dans le vert grâce à un plan de réduction des coûts et un recentrage sur le tourisme de proximité.
- 2025 : La direction lance une revue stratégique ouverte et assume chercher de nouveaux partenaires financiers.
- 2026 : L’accord avec Mubadala Capital scelle le destin extra-européen de la marque.
Ce basculement rappelle inévitablement celui du Club Med, passé sous le contrôle du géant chinois Fosun il y a un peu plus de dix ans. Les grands acteurs français du loisir semblent devenir des cibles privilégiées pour les capitaux internationaux en quête de marques solides, même si le groupe a récemment connu des zones de turbulences. On se rappelle notamment qu’une importante faille de sécurité avait fait grand bruit : n’hésite pas à relire notre article pour savoir si tu fais partie des 4,5 millions de clients Center Parcs et Pierre & Vacances piratés.
Ce qui va changer pour tes prochaines vacances
Pas de panique, les cottages et les vélos ne vont pas disparaître du paysage. L’objectif affiché par le nouveau propriétaire est avant tout une stratégie de montée en gamme et d’expansion. Le groupe s’était déjà fixé l’objectif ambitieux d’atteindre une marge opérationnelle de 11 % à l’horizon 2030, une feuille de route qui va s’accélérer.
« Cela nous donne les moyens de poursuivre nos efforts dans l’expérience que nos clients attendent de nous, près de chez eux et avec le niveau de qualité qu’ils sont en droit d’exiger. »
— Franck Gervais, Directeur général du groupe PVCP
Le fonds d’Abu Dhabi ne vient pas pour tout casser mais pour injecter du cash. Mubadala Capital a immédiatement précisé ses intentions pour rassurer les équipes locales qui gèrent les parcs et les résidences au quotidien.
« Nous investissons pour accompagner le groupe dans une nouvelle phase de développement, portée par l’accroissement de la capacité d’accueil et la poursuite de la modernisation des sites. »
— Communiqué officiel de Mubadala Capital
Pour les 8 millions de clients annuels, cela devrait se traduire par des rénovations massives dans les parcs vieillissants et l’ouverture de nouvelles destinations. Reste à voir si cette grande stratégie de premiumisation n’aura pas un impact direct sur le prix de ton prochain séjour.







