Parcoursup remplacé et classes à 28 : le plan du gouvernement

On a tous déjà galéré devant son écran à attendre les résultats d’orientation au printemps. Face à la fronde historique des lycéens, le Premier ministre Sébastien Lecornu vient de dégainer un train de mesures XXL pour tenter d’éteindre l’incendie. Au programme de ce plan de crise, le remplacement total de la plateforme Parcoursup et un plafonnement très attendu des effectifs dans le secondaire.
réforme parcoursup

On pensait la crise partie pour durer encore des semaines, mais l’exécutif a finalement choisi de lâcher du lest. Après cinq semaines d’une mobilisation lycéenne inédite qui a secoué le pays, le gouvernement a abattu ses cartes ce lundi. Entre blocages d’établissements, tensions dans les cortèges et colère contre la précarité, la pression était devenue intenable pour Matignon.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a donc fini par dégainer un plan d’urgence de grande envergure pour tenter de clore le dossier. En recevant les organisations lycéennes et étudiantes, l’exécutif a posé sur la table des mesures très concrètes. Le but est simple, à savoir répondre aux angoisses d’une jeunesse qui se sentait totalement abandonnée face au système éducatif.

La fin programmée de la plateforme Parcoursup

C’était le totem honni de toute une génération, et le symbole ultime de l’angoisse de fin d’année. La plateforme Parcoursup va être profondément réformée dès cette année avant d’être totalement remplacée. Les refus des universités devront désormais être justifiés clairement, et les critères de sélection devront enfin faire l’objet d’une transparence absolue.

Dans le même temps, un tout nouveau système verra le jour à l’horizon 2028. Ce chantier sera directement confié à un comité de réforme associant des lycéens, des enseignants et des représentants du ministère. Heureusement, le gouvernement a écouté les présidents d’universités qui prévenaient qu’une suppression sèche et brutale sans alternative aurait provoqué un chaos total pour les prochains bacheliers.

Quinze mille places en plus et des classes allégées en seconde

Parce que le stress de l’orientation vient aussi du manque cruel de places dans le supérieur, l’État s’engage à frapper fort. Quinze mille places supplémentaires vont être ouvertes, avec une priorité absolue donnée aux filières techniques en tension comme l’industrie et les sciences. Concrètement, cela se traduira par la création de 10 000 places en BTS, 4 000 en IUT et 1 000 places dans les formations de santé.

Du côté des lycées, la situation devenait intenable avec des salles surchargées et des conditions d’apprentissage dégradées. Le gouvernement a donc acté un plafonnement strict à 28 élèves maximum par classe de seconde dès la rentrée prochaine. Cette mesure forte nécessitera tout de même la création de 500 postes supplémentaires, qui seront intégrés directement dans le prochain budget de l’État.

Des milliards d’euros pour rénover les campus et les lycées

Il suffit d’entrer dans certains bâtiments scolaires pour comprendre l’ampleur du gouffre infrastructurel. Pour moderniser les murs, l’État va débloquer près de 4 milliards d’euros de prêts à taux réduits destinés aux collectivités locales. De plus, un milliard d’euros supplémentaire sera injecté progressivement jusqu’en 2031 pour rénover en profondeur une cinquantaine d’universités publiques.

La question épineuse des profs absents non remplacés a également trouvé une réponse sur le papier. L’exécutif prévoit d’injecter 920 postes de remplaçants supplémentaires dans le secondaire. Parallèlement, le quotidien des élèves sera amélioré avec l’instauration obligatoire d’une pause méridienne d’au moins 60 minutes pour souffler entre deux cours.

Vers une revalorisation des aides et un apaisement général ?

La précarité étudiante a agi comme un carburant puissant dans la contestation sociale de ces dernières semaines. Face à cette réalité économique brutale, les bourses sur critères sociaux seront revalorisées pour coller au plus près de l’inflation. Les lycéens obtiendront aussi des ajustements sur le contrôle continu du baccalauréat en première, souvent jugé trop anxiogène.

Pourtant, le pari de l’apaisement est loin d’être gagné d’avance sur le terrain politique. Les syndicats lycéens attendent de voir les textes officiels et préviennent qu’ils ne lâcheront rien sans garanties écrites. Alors que d’autres journées de mobilisation sociale se profilent déjà à l’horizon, ces annonces suffiront-elles à renter de calmer la colère de toute une génération ?

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