Une affaire révélée treize ans plus tard
Tout commence en 2012 à Glasgow. Une femme appelle la police pour signaler un incident à son domicile. Deux agents interviennent pour prendre sa déposition. Quelques heures plus tard, l’un d’eux, Alan Greer, revient seul et la viole.
Terrorisée par le statut de son agresseur, la victime garde le silence pendant treize ans. C’est finalement fin 2025 qu’elle pousse à nouveau les portes d’un commissariat pour dénoncer les faits.
- Saisine de l’unité anti-corruption (ACU)
- Identification des agents intervenus en 2012
- Découverte de consultations anormales du dossier de la victime
Les indices qui ont trahi le prédateur
En analysant les fichiers informatiques du commissariat, les enquêteurs s’aperçoivent qu’un agent a consulté à plusieurs reprises et sans raison professionnelle le dossier de la plaignante, y compris pendant ses congés. Des fautes de frappe répétées permettent de relier ces connexions à Alan Greer.
Les investigations mènent ensuite à un signalement de 2018 émanant d’une travailleuse du sexe dénonçant un client violent. En recoupant ce numéro de téléphone, l’engrenage judiciaire se met en place.
Cet agent a manifestement abusé de son pouvoir et a recontacté une personne rencontrée dans le cadre de ses fonctions. Mais cette victime a eu le courage de venir nous parler — Lynn Ratcliff, inspectrice principale adjointe
Des milliers de fichiers compromettants et un suicide
Le 24 avril dernier, une descente de police a lieu au domicile d’Alan Greer. Les perquisitions permettent de saisir sept téléphones portables et un ordinateur. Les milliers de vidéos et d’images explicites retrouvées révèlent qu’il a eu recours aux services de centaines de travailleuses du sexe tout au long de sa carrière.
Laissé libre dans l’attente de plus amples investigations, le policier de 47 ans s’est suicidé chez lui le 6 mai, deux semaines après sa perquisition.
- Au moins 9 victimes identifiées à ce jour
- Cinq travailleuses du sexe gravement agressées
- Deux femmes policières photographiées à leur insu lors d’entraînements
Alors que l’analyse de tous les supports saisis se poursuit, cette affaire est déjà comparée par certains observateurs au choc provoqué par l’affaire Wayne Couzens au Royaume-Uni, soulevant de nombreuses questions sur les dérives au sein des forces de l’ordre.