Starcloud lève 230M€ pour héberger l’IA dans l’espace

Et si la solution aux besoins énergétiques fous de l’intelligence artificielle se trouvait… au-dessus de nos têtes ? La start-up américaine Starcloud vient de boucler une extension de financement de 250 millions de dollars (environ 230 millions d’euros), portant sa valorisation globale à 2,3 milliards de dollars.
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Un pari fou soutenu par Nvdia

Ce tour de table XXL, mené par Manhattan West Ventures, a attiré des investisseurs de premier plan, parmi lesquels figure le géant des puces graphiques Nvidia, qui a injecté 25 millions de dollars dans l’opération.

L’objectif de Starcloud est simple sur le papier mais titanesque à exécuter : s’affranchir des contraintes terrestres en plaçant des serveurs informatiques et des GPU directement en orbite basse.

Cette course effrénée aux infrastructures et à la puissance de calcul rappelle à quel point les investissements massifs s’accélèrent à l’échelle mondiale, à l’image des initiatives européennes et des plans de financement nationaux, comme le démontre le soutien massif apporté en France avec le plan d’investissement d’Emmanuel Macron de 10,9 milliards d’euros pour l’intelligence artificielle.

Pourquoi vouloir déplacer le cloud dans l’espace ?

Aujourd’hui, l’entraînement et l’utilisation des modèles d’IA demandent une quantité colossale d’électricité et d’eau pour refroidir les serveurs au sol. L’espace offre des avantages uniques :

  • Un soleil permanent : l’énergie solaire y est disponible sans interruption ni nuages pour alimenter massivement les installations.
  • Un refroidissement naturel : le vide spatial permet d’évacuer directement la chaleur par rayonnement thermique grâce à des radiateurs, réduisant le besoin de climatisation énergivore.
  • Des économies massives : l’entreprise estime qu’un tel système pourrait réduire les coûts énergétiques de 90 % par rapport à un data center terrestre classique.

Novembre dernier, nous avons placé le premier Nvidia H100 en orbite, et ce nouveau capital nous permet de construire l’infrastructure nécessaire pour lancer beaucoup d’autres GPU.

Un calendrier serré et de nombreux défis techniques

Si la start-up a déjà testé l’envoi d’un processeur Nvidia H100 lors d’une mission précédente, les défis restent immenses. Entre la résistance aux radiations cosmiques, l’absence de maintenance humaine facile et la dépendance au calendrier des fusées (comme le futur Starship de SpaceX), le chemin vers une exploitation commerciale à grande échelle s’annonce complexe.

Avec le déploiement prévu des satellites Starcloud-2 et une ambition à long terme de construire une gigantesque constellation, l’inférence en orbite pourrait bien passer de la science-fiction à la réalité industrielle d’ici la fin de la décennie.

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