De l’échec de l’Illustre Théâtre à la gloire royale
Jean-Baptiste Poquelin abandonne très tôt la charge paternelle de tapissier royal pour vivre sa passion théâtrale. Formé chez les jésuites, le jeune bourgeois fonde d’abord l’Illustre Théâtre en 1643 aux côtés de Madeleine Béjart. Malheureusement, l’aventure parisienne tourne court face aux créanciers impatients.
En fait, Molière se retrouve emprisonné pour dettes avant d’être libéré grâce à l’intervention de son père. Alors, le dramaturge part sillonner les routes de province pendant treize longues années. De plus, il prend la direction de la troupe de Charles Dufresne pour perfectionner son jeu d’acteur.
Arrivé à Paris, son talent comique séduit immédiatement le jeune roi Louis XIV. Ainsi, sa troupe s’installe au Palais-Royal et reçoit le titre officiel de Troupe du roi. Évidemment, cette consécration monarchique lui ouvre les portes des plus grandes créations de son époque.
Scandales, censures et naissance d’un mythe
En 1662, l’auteur épouse la comédienne Armande Béjart et déclenche une violente polémique mondaine. D’ailleurs, le triomphe de L’École des femmes choque profondément les dévots par son audace morale. Pourtant, Molière réplique avec génie dans La Critique de l’École des femmes pour ridiculiser ses détracteurs.
En réalité, la censure frappe impitoyablement ses chefs-d’œuvre les plus subversifs comme Dom Juan. Par contre, l’artiste invente la comédie-ballet avec le musicien Jean-Baptiste Lully. Ensemble, ils triomphent à la cour royale avec Le Bourgeois gentilhomme devant un public conquis.
En clair, Molière dépasse la simple commedia dell’arte pour forger la grande comédie de caractère. Le 17 février 1673, le dramaturge s’éteint chez lui quelques heures après avoir incarné Argan sur scène. Sa vie tumultueuse consacre définitivement le triomphe du rire lucide sur l’hypocrisie humaine.







