L’entreprise : productrice de richesses ou actrice sociale ?

Dans tes cours de SES ou de STMG, on te présente souvent l’entreprise comme une unité de production qui veut maximiser son profit. Mais en 2026, est-ce encore sa seule mission ? Entre la création de valeur ajoutée et ses nouveaux devoirs sociaux, l’entreprise est au cœur d’un tiraillement passionnant.

Sommaire

Pour ton Bac ou ton Grand Oral, il est crucial de comprendre que l’entreprise n’est pas un bloc monolithique. Elle jongle entre deux fonctions : une fonction économique (créer de la richesse) et une fonction sociale (intégrer les individus et protéger la planète). On fait le tour du propriétaire.

I. La fonction économique : Produire et partager la richesse

La mission première d’une entreprise est de produire des biens (matériels) ou des services (immatériels) pour les vendre sur un marché. C’est ce qu’on appelle la production marchande. Pour y arriver, elle combine du facteur travail (tes bras et ton cerveau) et du facteur capital (les machines, les ordinateurs).

  • La création de valeur ajoutée : C’est la richesse réelle créée. On prend le chiffre d’affaires et on retire les consommations intermédiaires (matières premières, énergie).
  • Le partage de la richesse : Une fois créée, cette valeur ajoutée est répartie. Environ deux tiers vont aux salariés (salaires), le reste part à l’État (impôts), aux prêteurs et aux propriétaires (bénéfice).
  • La destruction créatrice : Selon l’économiste Joseph Schumpeter, l’entreprise innove pour rester compétitive. Elle crée du nouveau mais détruit l’ancien (ex: le streaming qui a tué le DVD).

L’entreprise est donc le moteur de la croissance économique, mesurée par le PIB. Sans elle, pas d’emplois directs (les ingénieurs chez Airbus) ni d’emplois indirects (le resto à côté de l’usine).

« Attention à ne pas confondre Chiffre d’affaires (le total des ventes) et Bénéfice (ce qu’il reste dans la poche après avoir payé TOUTES les charges). En dissertation, cette précision vaut de l’or ! » — L’œil du prof.

II. La fonction sociale : Un lieu d’intégration et de cohésion

Mais l’entreprise, c’est aussi un collectif humain. Comme l’expliquait Émile Durkheim, le travail est un puissant vecteur d’intégration sociale. C’est là qu’on se lie aux autres, qu’on obtient un statut et une identité sociale.

Aujourd’hui, on attend des entreprises qu’elles aillent plus loin que le simple salaire. Elles doivent assurer la cohésion sociale en luttant contre les discriminations et en favorisant la diversité (genre, origine, handicap). C’est ce qu’on appelle le rôle citoyen de l’entreprise.

  • L’intégration : Offrir un cadre, une formation et un sentiment d’utilité aux individus.
  • Le dialogue social : Les négociations entre patrons et syndicats pour améliorer les conditions de travail ou les salaires.
  • L’innovation sociale : Tester de nouveaux modèles (télétravail, semaine de 4 jours) pour mieux concilier vie pro et vie perso.

III. La RSE : Quand l’entreprise devient « responsable »

C’est le mot magique à placer dans tes copies : la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE). Cela signifie que l’entreprise intègre volontairement des préoccupations sociales et écologiques à ses activités commerciales.

Pourquoi font-elles ça ? Parfois par pure conviction, souvent parce que les clients (vous !) et les salariés (bientôt vous !) l’exigent. C’est une réponse aux défaillances de marché, notamment en ce qui concerne l’environnement.

  • Impact écologique : Réduire son empreinte carbone, passer au recyclage ou aux énergies renouvelables (ex: le Plan de Vie Durable d’Unilever).
  • Éthique : Garantir que les fournisseurs respectent les droits humains à l’autre bout du monde.
  • Le risque de Greenwashing : Attention ! Certaines entreprises font de la « com' » verte sans changer leurs pratiques polluantes. C’est une limite majeure de la RSE.

« Chiffre à retenir pour ton Bac : L’Économie Sociale et Solidaire (ESS), qui regroupe les mutuelles et associations, représente environ 10 % de l’emploi en France. C’est la preuve qu’on peut produire sans chercher le profit maximum ! » — L’œil du prof.

IV. Quelles limites au pouvoir de l’entreprise ?

Tout n’est pas rose. L’entreprise peut aussi être un lieu de tensions et d’inégalités. La recherche de rentabilité à tout prix peut mener à la précarisation du travail ou à des asymétries d’information (quand l’entreprise en sait plus que le client sur la dangerosité d’un produit).

De plus, l’entreprise génère souvent des externalités négatives (comme la pollution) qu’elle ne paie pas d’elle-même. C’est là que l’État intervient par la réglementation ou les taxes pour forcer l’entreprise à être une véritable actrice sociale, qu’elle le veuille ou non.

En résumé, l’entreprise est un acteur hybride. Si elle oublie de créer de la richesse, elle meurt. Si elle oublie son rôle social, elle perd sa légitimité et ses clients. On assiste donc à une mutation profonde du capitalisme où la performance ne se mesure plus seulement en euros, mais aussi en impact sur la cité et sur la planète.

Cette évolution pose une question centrale pour ton Grand Oral : l’entreprise peut-elle réellement être l’alliée de l’intérêt général, ou doit-on renforcer le contrôle de l’État pour éviter qu’elle ne serve que des intérêts privés ?

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