Jean Messiha visé par une plainte pour abus de confiance après une cagnotte en ligne

La veuve de l’un des agents pénitentiaires abattus lors de l’évasion de Mohamed Amra a déposé plainte pour abus de confiance contre Jean Messiha. L’homme politique d’extrême droite est accusé d’avoir empoché l’argent d’une cagnotte en ligne solidaire.
jean messiha cagnotte

Zéro centime pour les familles des victimes

On s’en souvient tous : le 14 mai 2024, l’attaque ultra-violente d’un fourgon pénitentiaire au péage d’Incarville (Eure) choquait le pays entier. Un commando lourdement armé brisait les vitres pour libérer le dangereux narcotrafiquant Mohamed Amra, surnommé « La Mouche ». Dans cet assaut, deux agents de l’administration pénitentiaire, Fabrice Moello et Arnaud Garcia, perdaient la vie.

Face à l’émotion nationale, le polémiste et haut fonctionnaire Jean Messiha, proche d’Éric Zemmour, avait rapidement réagi en lançant une collecte de fonds sur la plateforme GoFundMe. La promesse affichée en ligne était alors limpide pour les généreux donateurs :

« Tous les dons récoltés par cette cagnotte seront intégralement reversés aux familles des victimes afin de les aider à surmonter cette terrible épreuve. »

Pourtant, deux ans après le drame, le constat est glacial. Sandrine Le Hay Moello, la veuve du capitaine Fabrice Moello, affirme que les proches des défunts n’ont absolument jamais vu la couleur de cet argent. Lassée d’attendre, elle a officiellement déposé plainte le 21 mai 2026 auprès du tribunal judiciaire de Paris.

GoFundMe lâche le polémiste et confirme les virements

Avant d’en arriver à la justice, l’avocat de la veuve, Me Matthieu Chirez, a tenté d’obtenir des explications à l’amiable auprès de l’instigateur de la collecte. La première ligne de défense de Jean Messiha ? Un argument technique. Selon lui, il n’avait aucun moyen de toucher au pactole, prétendant que seules les bénéficiaires directes de la famille possédaient la capacité technique de débloquer les fonds sur internet.

Manque de chance pour lui, la plateforme d’hébergement GoFundMe a fermement démenti cette version des faits. Les équipes du site ont mis leur nez dans les comptes techniques et ont apporté des preuves accablantes aux enquêteurs :

  • Le créateur initial du projet a bien la pleine capacité technique de retirer l’argent.
  • Plusieurs virements électroniques ont été validés et exécutés avec succès.
  • Ces flux financiers ont ciblé directement des comptes bancaires ouverts au nom de Jean Messiha.
  • La somme totale transférée entre mai 2024 et juin 2025 s’élève à plus de 40 000 euros (42 000 euros selon les dernières données).

Une enquête ouverte et l’excuse de « l’erreur informatique »

Face à ces confirmations concrètes de virements bancaires, le parquet de Paris a immédiatement réagi en déclenchant une enquête préliminaire pour faire toute la lumière sur cette affaire d’abus de confiance.

Interrogé sur le sujet, Jean Messiha nie en bloc toute intention de vol ou de malversation financière. Pour se défendre, le chroniqueur de Valeurs Actuelles et Radio Courtoisie plaide le bug technique exceptionnel. D’après sa version, les algorithmes de GoFundMe se seraient emmêlé les pinceaux en confondant l’organisateur de la démarche de solidarité et le destinataire final de l’argent.

« Il s’agit d’une erreur de la plateforme GoFundMe qui a confondu le bénéficiaire de la cagnotte avec son instigateur. »

Pour prouver sa bonne foi, l’homme politique a annoncé son intention de porter plainte à son tour contre la plateforme d’hébergement. Son avocat assure être en contact étroit avec la défense de la veuve de Fabrice Moello, et promet qu’une procédure de remboursement intégral des sommes dues va enfin être initiée.

Ce n’est pas la première fois que les initiatives solidaires de Jean Messiha se retrouvent sous le feu des projecteurs judiciaires. En juin 2023, après la mort du jeune Nahel à Nanterre, il avait récolté plus d’un million d’euros pour soutenir la famille du policier mis en examen. Une première enquête pour escroquerie en bande organisée avait été ouverte à l’époque, avant d’être finalement classée sans suite par la justice.

Actualités

Abonne toi à la Newsletter

Acquisition > Newsletter : Sidebar