T-shirt sexiste dans le Gard : une enquête judiciaire ouverte

Des maillots floqués d’un slogan misogyne lors d’une fête locale dans le Gard ont provoqué un tollé national, poussant le parquet de Nîmes à ouvrir une enquête pénale.
femme prise jack

Un slogan choc qui scandalise les réseaux sociaux

Pendant la fête votive de Gallician, un hameau de la commune de Vauvert près de Nîmes, plusieurs jeunes hommes ont arboré des t-shirts orange fluo impossible à rater. Dans leur dos, une phrase comparant explicitement le corps des femmes à de la connectique audio a rapidement choqué les participants :

« Une femme, c’est un peu comme une prise jack… Si tu l’enfonces correctement, t’as le son qui va avec. »

L’alerte a été donnée par le collectif Printemps de l’Éducation contre les discriminations et le racisme. En publiant les clichés des maillots sur les réseaux sociaux, le collectif s’est insurgé contre la banalisation de la culture du viol et des violences faites aux femmes, rappelant les chiffres alarmants du secteur :

  • 146 féminicides recensés en France au cours de l’année 2025.
  • Plus d’une femme sur deux victime de violences sexuelles au cours de sa vie.
  • Une hausse de 17 % des infractions pour outrage sexiste et sexuel enregistrées par le ministère de l’Intérieur en 2025 (3 900 faits).

« Blague potache » ou infraction pénale ? Le monde politique divisé

La polémique s’est rapidement déplacée sur le terrain politique local. Interrogé par France 3 Occitanie, Nicolas Meizonnet, maire RN de Vauvert, a tenté de tempérer l’affaire en attribuant ces t-shirts à des jeunes venus de la commune voisine du Cailar :

« Le message véhiculé sur ce t-shirt est loin d’être fin… Je ne cautionne certainement pas, mais cela relève à mon avis de la blague potache, lourdingue, à prendre au second degré. »

Une lecture fermement rejetée par d’autres élus régionaux. Le sénateur LR du Gard, Laurent Burgoa, a dénoncé des propos « inadmissibles » et regretté la passivité ambiante lors de la manifestation, demandant une intervention ferme des autorités.

La justice s’en mêle : jusqu’à un an de prison encouru

La réaction judiciaire ne s’est pas faite attendre. Face à la gravité des faits et à l’émoi suscité, Cécile Gensac, procureure de la République de Nîmes, a ordonné à la gendarmerie de Vauvert d’ouvrir une enquête pour injures publiques en raison du sexe.

Encadrée par la loi sur la liberté de la presse de 1881, cette infraction ne se limite pas à une simple amende forfaitaire pour outrage sexiste. Les auteurs de ces flocages et les porteurs des t-shirts risquent gros devant le tribunal :

  • Jusqu’à 1 an d’emprisonnement.
  • Une amende pouvant atteindre 45 000 euros.

Alors que des témoins affirment que ces t-shirts tournent déjà depuis plusieurs saisons dans les rassemblements inter-villages du Gard, les investigations des gendarmes devront déterminer la responsabilité exacte des organisateurs et des participants.

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