36 heures d’audition et une présentation imminente devant la justice
C’est une véritable chute pour l’un des cuisiniers les plus médiatisés de sa génération. Révélé au grand public par sa victoire dans l’émission Top Chef en 2012, l’homme de 45 ans a vu sa garde à vue levée ce mardi soir après près de 36 heures d’interrogatoire intense au commissariat du 16e arrondissement de Paris.
Transféré directement au dépôt, Jean Imbert attend désormais l’arbitrage de la justice parisienne. Le magistrat doit statuer dans la journée sur la suite à donner à cette procédure complexe, qui pourrait déboucher sur :
- Une mise en examen dans le cadre d’une information judiciaire.
- Un placement sous contrôle judiciaire avec interdiction stricte de contacter les plaignantes.
- Une convocation ultérieure devant le tribunal correctionnel.
Des accusations graves portées par plusieurs ex-compagnes
L’enquête, ouverte initialement par le parquet de Paris pour « violences par conjoint », s’appuie sur au moins trois plaintes officielles et plusieurs témoignages accablants d’anciennes compagnes du restaurateur. L’affaire avait éclaté sur la scène publique au printemps 2025 avant de prendre une tournure judiciaire majeure au fil des mois.
Parmi les plaignantes figure l’ancienne comédienne Lila Salet, 35 ans. Elle dénonce des faits remontant aux années 2012-2013, évoquant des gifles répétées, un climat d’emprise et un épisode de séquestration de plusieurs heures dans un hôtel à Florence. De son côté, l’ancienne Miss France Alexandra Rosenfeld a elle aussi accusé Jean Imbert de violences psychologiques et physiques, affirmant notamment qu’il lui aurait fracturé le nez d’un coup de tête en 2013 juste avant le tournage d’une émission de télévision.
« Il m’attrape les bras et il me met un coup de tête. Une maquilleuse présente ce jour-là a constaté mes blessures et a tenté de les dissimuler pour permettre l’enregistrement. »
En plus de ces plaintes, deux autres ex-compagnes ont été auditionnées par les enquêteurs. Bien qu’elles n’aient pas formellement porté plainte, leurs déclarations décrivent des comportements similaires faits d’humiliations, de jalousie excessive et de violences verbales ou physiques.
La défense du chef et la perte de son étoile
Face aux policiers, Jean Imbert a fermement contesté la majorité des accusations portées contre lui, tout en bénéficiant à ce stade de la présomption d’innocence. Selon ses avocates, Me Jacqueline Laffont et Me Julie Benedetti, le chef s’est présenté à son audition muni de documents matériels pour étayer sa version des faits.
Concernant les accusations d’Alexandra Rosenfeld, la défense a indiqué que le cuisinier reconnaissait une part de responsabilité et exprimait des regrets pour certains épisodes, tout en soutenant que des violences auraient été réciproques au sein d’un couple alors très conflictuel.
Sur le plan professionnel, la tempête judiciaire a déjà dévasté la carrière de celui qui multipliait les projets commerciaux d’envergure, comme lorsque Jean Imbert créait une collection de cafés avec Nespresso. Après s’être mis en retrait de ses établissements à la fin de l’été 2025, Jean Imbert a été officiellement écarté du Plaza Athénée en avril 2026, ne conservant qu’un rôle restreint de directeur artistique au sein du palace parisien.
L’ombre d’un comportement à double visage en cuisine
Cette procédure pour violences conjugales vient s’ajouter à des révélations sur les méthodes de management du cuisinier. En mars 2026, un numéro de l’émission Complément d’enquête diffusé sur France 2 avait rassemblé des témoignages d’anciens collaborateurs dénonçant une atmosphère de travail toxique et des accès de colère répétés en cuisine.
Une ancienne serveuse y décrivait un « double visage », opposant la personnalité médiatique chaleureuse à une réalité de terrain marquée par les cris, les jetés d’assiettes et des insultes régulières envers le personnel :
« Quand on voit sa voiture se garer, on sait s’il va être de bonne ou de mauvaise humeur. Il faut trois minutes pour se préparer psychologiquement : est-ce que ça va être Jean gentil ou Jean méchant ? »
Alors que la prescription de certains faits anciens représente un enjeu juridique majeur dans ce dossier, les magistrats cherchent à établir si une répétition de comportements violents peut être caractérisée dans le temps. La décision rendue au Palais de Justice dans les prochaines heures scellera le sort judiciaire immédiat du chef cuisinier.


