Soupçons d’emplois fictifs à la RATP !

L’association AC!! Anti-Corruption vient de saisir le Parquet national financier (PNF) concernant des emplois fictifs à la RATP attribués à des élus parisiens et franciliens de tous bords politiques.
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De l’affaire Bally Bagayoko à un scandale à grande échelle

Tout a commencé la semaine dernière avec une première plainte visant spécifiquement Bally Bagayoko. Le maire LFI de Saint-Denis est soupçonné de détournement de fonds publics et d’emploi fictif après des révélations du Canard enchaîné. L’hebdomadaire affirmait qu’il cumulait ses fonctions d’élu local avec un poste de cadre à temps plein à la RATP, rémunéré autour de 6 000 euros par mois.

Mais l’affaire a subitement changé de dimension. Une nouvelle enquête du journal satirique révèle que le cas du maire de Saint-Denis ne serait que la partie émergée de l’iceberg : près de 200 salariés de la régie autonome des transports parisiens exerceraient parallèlement un mandat électif.

Face à ces nouvelles données, l’association anticorruption a décidé d’élargir ses poursuites et de cibler la régie dans son ensemble. Une pilule difficile à avaler pour les usagers, alors même que la RATP triple le prix de ses amendes pour traquer la fraude dans le métro.

  • Les griefs visés : Détournement de fonds publics, favoritisme, faux et usage de faux.
  • Un système généralisé : L’association dénonce un dispositif « organisé et structuré » d’emplois de complaisance plutôt que des cas isolés.
  • Des absences d’activité : Plusieurs élus auraient été rémunérés « pour des postes sans activité réelle, parfois sans présence, parfois sans fiche de poste identifiable ».

Ce qu’en disent les figures clés du dossier

L’ancien juge Éric Halphen, aujourd’hui président d’honneur de l’association AC!! Anti-Corruption, n’a pas mâché ses mots au micro de l’AFP pour expliquer le sens de cette nouvelle procédure pénale.

« La plainte initiale visait M. Bagayoko mais aussi la RATP. Ce qui nous intéresse désormais, c’est le système qui a pu exister au sein de l’entreprise, avec un certain nombre d’emplois de complaisance pour des élus. »
— Éric Halphen, président d’honneur d’AC!! Anti-Corruption.

De son côté, le maire de Saint-Denis se défend fermement de toute irrégularité et dénonce une manœuvre politique destinée à le discréditer.

« Être élu n’est pas un emploi. Confondre un mandat électif avec un poste salarié est destiné à faire croire à une fraude là où il n’y a qu’un mandat exercé, comme la loi le permet. »
— Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis.

La défense de la RATP et les réactions politiques

Face à la tempête médiatique et judiciaire, la RATP a rapidement réagi sur les réseaux sociaux. La régie des transports dément catégoriquement l’existence d’emplois de complaisance en son sein. Elle rappelle que la législation française permet d’accorder des autorisations d’absence et des crédits d’heures aux salariés investis d’un mandat électif local, tout en précisant que ces heures d’absence ne sont pas rémunérées par l’entreprise.

Sur le cas spécifique de Bally Bagayoko, la RATP souligne qu’il a été recruté au statut en 2001 selon la procédure habituelle, rappelant que ses agents ne sont pas des fonctionnaires soumis à un concours, mais des salariés de droit privé investis d’une mission de service public. L’entreprise s’est dite prête à transmettre l’ensemble de ses documents à la justice si le PNF décide d’ouvrir une enquête officielle.

L’affaire prend également une tournure politique majeure dans la région. Valérie Pécresse, en tant que présidente d’Île-de-France Mobilités, a publiquement exigé « toute la transparence » sur la politique de recrutement passée et présente de la RATP afin de lever les soupçons.

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