Une Europe à six pour peser face au monde
C’est la grosse surprise de la rentrée politique. L’ancien ministre de l’Économie est de retour avec un texte baptisé L’An I manifeste pour une autre France. Même s’il assure ne pas être candidat pour l’instant, son plan a clairement des airs de programme présidentiel.
Son constat est simple : la France est devenue trop petite pour peser face aux géants mondiaux. Pour bien saisir la place de l’Union européenne dans l’économie globale, l’ancien locataire de Bercy pointe du doigt une UE à 27 jugée trop lourde et qualifiée de « monstre technocratique ». Sa solution ? Créer un noyau dur.
- Une fédération regroupant la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la Pologne et les Pays-Bas.
- Une mise en commun des ressources dans des secteurs clés comme l’intelligence artificielle et les semi-conducteurs.
- Une capitale unique, une Constitution propre et des règles de décision partagées.
Protéger nos emplois et nos technologies
Ce nouveau « super-État » européen resterait dans l’Union européenne, mais il aurait assez de poids politique pour imposer ses choix aux 21 autres pays membres. L’objectif affiché est de sortir de la naïveté économique face aux offensives de la Chine et des États-Unis.
On ne peut plus continuer avec le libre-commerce sans règles face aux subventions massives venues d’ailleurs. Il faut basculer de la dépendance à l’indépendance par tous les moyens.
Dans les faits, l’ancien ministre veut frapper fort pour protéger le marché européen. Il suggère notamment d’appliquer des taxes de 30 % sur les produits technologiques importés qui ne respectent pas un quota minimal de composants fabriqués sur le continent.
Autorité, retraites et pouvoir d’achat : les chantiers français
Le manifeste ne s’arrête pas à l’Europe et s’attaque aux dossiers brûlants de la politique intérieure française. Pour Bruno Le Maire, il y a urgence à redresser les comptes publics avant qu’une crise de la dette ne nous prive de toute liberté.
- Fixer l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans avec une part de capitalisation.
- Augmenter la TVA de 2 à 3 points pour faire baisser les charges salariales et augmenter le salaire net.
- Restreindre les missions de l’État à l’essentiel : sécurité, éducation, santé et protection des personnes.
Entre souveraineté européenne renforcée et mesures économiques libérales, l’ancien ministre relance clairement le débat à l’approche de 2027.







