Camille clique nerveusement sur le portail d’inscription d’une université de Manchester. Son écran affiche deux grandes portes d’entrée, « Undergraduate » et « Postgraduate ». La diplômée de Licence cherche désespérément la mention Master dans la liste déroulante. Pourtant, elle découvre une multitude d’acronymes obscurs comme PGCert, PGDip, MSc ou MPhil. En réalité, Camille vient de heurter le grand malentendu des études internationales. En fait, le mot postgraduate ne désigne absolument pas un diplôme précis.
C’est une vaste famille qui englobe tous les cursus accessibles après un premier grade universitaire.
Le grand malentendu : une catégorie globale et non un diplôme unique
Les étudiants francophones traduisent souvent ce terme par une formation spécifique. Pourtant, cette vision restreinte fausse complètement les démarches de candidature. Dans le monde anglophone, un « graduate » désigne simplement une personne ayant validé un premier cycle d’études supérieures. Par conséquent, les études postgraduate désignent littéralement tout ce qui commence après l’obtention de ce premier titre.
D’ailleurs, le parcours académique se divise en deux grands blocs fondamentaux. D’un côté, le cycle undergraduate accueille les bacheliers et les mène jusqu’au Bachelor, l’équivalent de notre Licence. De l’autre côté, le cycle postgraduate regroupe l’ensemble des qualifications supérieures, du niveau Bac+4 jusqu’au doctorat.
En Amérique du Nord, les facultés parlent plus volontiers de « graduate school ». Par contre, le Royaume-Uni, l’Australie, le Canada et la Nouvelle-Zélande emploient couramment le mot postgraduate. Ainsi, postuler en postgraduate revient simplement à s’inscrire en deuxième ou troisième cycle universitaire.
De 3 mois à 4 ans : l’arbre généalogique des diplômes postgraduate
Cette catégorie générale abrite des cursus aux formats et aux objectifs très contrastés. En réalité, un candidat choisit son parcours selon le temps disponible et ses ambitions professionnelles.
Pour clarifier ce paysage, les universités anglo-saxonnes structurent leur offre autour de quatre grands paliers :
- Le Postgraduate Certificate (PGCert) : Cette formation express dure seulement trois à quatre mois. Elle valide 60 crédits britanniques, soit 30 crédits ECTS, pour acquérir une compétence ciblée sans stage obligatoire.
- Le Postgraduate Diploma (PGDip) : Ce parcours intensif s’étale sur huit à neuf mois. Il totalise 120 crédits britanniques, soit 60 crédits ECTS, et reprend tous les cours d’un Master sans imposer de mémoire estival.
- Le Master classique (MA, MSc, MBA) : Ce diplôme complet s’étend sur une à deux années académiques. Il délivre 180 crédits britanniques, soit jusqu’à 120 crédits ECTS, en associant des cours théoriques à une vaste thèse de fin d’études.
- Le Doctorat (PhD) : Ce sommet universitaire réclame trois à quatre années d’investigation. Le doctorant produit une recherche originale pour contribuer à la recherche mondiale.
D’ailleurs, cette échelle offre une souplesse impensable dans les facultés traditionnelles. Un étudiant peut démarrer par un PGCert, poursuivre sur un PGDip, puis transformer son parcours en Master complet l’année suivante.
Taught ou Research : deux manières radicales d’apprendre
Au-delà de la durée, le système anglo-saxon sépare ses formations postgraduate selon deux approches d’apprentissage. En fait, cette répartition transforme totalement l’emploi du temps de l’étudiant.
D’un côté, les programmes dits « taught » fonctionnent comme des cursus scolaires classiques. L’étudiant suit des séminaires obligatoires, valide des modules thématiques et passe des examens réguliers. Ces filières préparent directement à des postes opérationnels en entreprise.
De l’autre côté, les filières dites « by research » suppriment presque totalement les cours en salle. Le chercheur travaille en parfaite autonomie sous la direction d’un professeur attitré. C’est la formule type du Master of Research (MRes) et du doctorat traditionnel.
Dans le système postgraduate, l’étudiant ne subit plus un moule unique mais compose son diplôme selon ses objectifs réels.
Résultat, votre choix dépend directement de votre méthode de travail. Les personnes qui recherchent du collectif s’orientent vers les programmes taught. À l’inverse, les profils scientifiques et indépendants s’épanouissent dans les filières de recherche.
Comparatif pour ne plus jamais confondre les cycles
Pour éviter les erreurs d’orientation sur des plateformes comme UCAS, une vision d’ensemble s’impose. En effet, chaque diplôme postgraduate répond à des critères précis du système de qualification international.
| Diplôme spécifique | Durée moyenne | Crédits validés | Finalité du parcours |
|---|---|---|---|
| Postgraduate Certificate (PGCert) | 3 à 4 mois | 60 crédits UK (30 ECTS) | Acquérir un bloc de compétences techniques ultra-ciblé |
| Postgraduate Diploma (PGDip) | 8 à 9 mois | 120 crédits UK (60 ECTS) | Obtenir un niveau Bac+4 opérationnel sans rédiger de mémoire |
| Master’s Degree (MSc / MA) | 1 à 2 ans | 180 crédits UK (90 à 120 ECTS) | Valider un Bac+5 complet avec cours et mémoire de recherche |
| Doctorat (PhD) | 3 à 4 ans | Thèse de recherche | Créer un savoir scientifique nouveau et viser l’enseignement supérieur |
Heureusement, ces paliers correspondent aux niveaux 7 et 8 du cadre officiel des certifications. Un salarié peut ainsi valider un certificat court pour obtenir une promotion interne. Par contre, un jeune diplômé visera plutôt le Master complet pour s’expatrier durablement.
Pourquoi ce découpage surpasse la rigidité du système français
En France, la frontière entre la Licence et le Master 2 paraît souvent brutale et figée. Si un candidat abandonne son Master en cours d’année, il repart fréquemment sans aucune certification intermédiaire. En clair, le modèle universitaire national fonctionne souvent sur le principe du tout ou rien.
À l’inverse, la structure postgraduate valorise chaque trimestre passé à l’université. Une personne qui arrête ses études après neuf mois repart avec un Postgraduate Diploma officiel en poche. De plus, les passerelles professionnelles s’ouvrent beaucoup plus facilement entre des disciplines différentes. Un titulaire d’une Licence en lettres peut ainsi rejoindre un cursus postgraduate en gestion de projet sans recommencer tout son cursus.
Enfin, les employeurs internationaux plébiscitent cette clarté de parcours sur un CV. Ils savent exactement quelles compétences pratiques correspondent à chaque intitulé. Le terme postgraduate ne représente donc pas un diplôme isolé, mais une boîte à outils complète pour façonner sa carrière internationale.















