8 millions d’euros de drogue cachés dans un camion de vêtements Kim Kardashian

Le chauffeur d’un poids lourd transportant des vêtements de la marque Skims, fondée par Kim Kardashian, a été condamné lundi 18 mai 2026 à plus de 13 ans de prison par la justice britannique. Il cachait pour 8 millions d’euros de drogue dans sa remorque.
Jakub Jan Konkel

Une fouille aux rayons X qui vire au coup de filet

L’histoire remonte au 4 septembre 2025, mais le verdict vient de tomber au tribunal de Chelmsford, en Angleterre. Jakub Jan Konkel, un routier polonais de 40 ans originaire de Kartuzy, pensait avoir trouvé la planque parfaite pour faire passer sa marchandise clandestine de l’autre côté de la Manche.

En débarquant d’un ferry en provenance de Hoek van Holland (Pays-Bas) au port de Harwich, dans le sud-est de l’Angleterre, le chauffeur a immédiatement attiré l’attention des douaniers britanniques. La cause ? Sa façon suspecte de conduire son énorme camion de 28 palettes. Les agents de la Border Force décident alors de passer le véhicule aux rayons X pour dissiper leurs doutes.

L’analyse révèle rapidement une anomalie majeure dans la structure de la remorque. Les enquêteurs de la National Crime Agency (NCA) découvrent un mécanisme de cachette particulièrement sophistiqué, directement aménagé à l’intérieur des parois des portes arrière du camion.

« Le chargement était tout à fait légal et ni l’exportateur ni l’importateur n’étaient impliqués dans le trafic mais une cachette avait été aménagée dans le revêtement des portes arrière de la remorque. »

90 kilos de poudre au milieu des sous-vêtements Skims

À l’intérieur de cette double paroi secrète, les forces de l’ordre mettent la main sur un véritable pactole pour les réseaux criminels : 90 paquets d’un kilogramme de cocaïne pure, soigneusement emballés. La valeur marchande de cette saisie de drogue de classe A est estimée à 7,2 millions de livres sterling, soit environ 8,28 millions d’euros.

Le contraste est total avec le reste de la cargaison. Le camion transportait en effet des milliers de sous-vêtements et de vêtements ultra-populaires de la marque Skims. Ce géant de la mode et du shapewear, valorisé à plusieurs milliards de dollars, appartient à la star de téléréalité et femme d’affaires américaine Kim Kardashian.

Face à l’ampleur de la découverte, les autorités ont immédiatement mis le chauffeur hors d’état de nuire. En examinant la cabine, les officiers de la NCA ont également saisi un téléphone portable relié au réseau de distribution. L’appareil avait été configuré de manière ultra-sécurisée avec un logiciel programmé pour effacer l’intégralité de ses données toutes les 18 heures.

Une rémunération dérisoire face à la lourdeur de la peine

Pendant l’audience, les détails de l’opération ont mis en lumière le rôle précis de Jakub Jan Konkel dans cette affaire de trafic international. Le juge Richard Wilkin a souligné que l’homme n’était pas un simple exécutant de passage, mais un maillon conscient et actif de la chaîne logistique criminelle.

  • Le chauffeur s’est rendu de lui-même dans une zone industrielle en Belgique pour récupérer la cocaïne.
  • Il a accepté de prendre tous les risques pour une rémunération de 4 500 euros seulement (environ 3 918 livres).
  • En pleurs dans le box des accusés, le quadragénaire a fini par plaider coupable après avoir nié les faits dans un premier temps.

La défense de Konkel a tenté de mettre en avant sa bonne conduite durant sa détention provisoire pour adoucir la sentence, mais la gravité des faits a pesé bien plus lourd dans la balance du magistrat. Le tribunal de Chelmsford l’a condamné à une peine ferme de 13 ans et six mois de prison.

Au-delà de cette lourde peine de prison, le juge a également ordonné la confiscation définitive et la destruction de la drogue, du téléphone crypté et du poids lourd ayant servi au transport. Les autorités britanniques ont d’ores et déjà confirmé que le transporteur routier ferait l’objet d’une procédure d’expulsion du territoire national dès qu’il aura purgé sa peine derrière les barreaux.

Les marques de mode face au défi de la logistique criminelle

Cette affaire illustre une tendance de fond qui inquiète de plus en plus les services de renseignement et les douanes à travers toute l’Europe. Les organisations criminelles profitent régulièrement du flux massif et continu des expéditions des géants du e-commerce et des marques de mode mondiales pour infiltrer leurs stupéfiants à l’insu des entreprises.

En ciblant des flux logistiques majeurs comme ceux de Skims, les trafiquants espèrent généralement que la réputation et la légitimité des entreprises importatrices permettront à leurs camions de passer les frontières sans encombre. Un calcul raté cette fois-ci grâce à la vigilance des douaniers d’Harwich.

« Les groupes criminels organisés utilisent des chauffeurs corrompus comme Konkel pour déplacer des drogues de classe A, souvent cachées dans des cargaisons totalement légitimes comme celle-ci. Cette enquête a permis de retirer une quantité importante de cocaïne du marché. »

Grâce à cette interception, les bénéfices attendus par le réseau à l’origine de l’importation sont totalement perdus. Pour Paul Orchard, responsable à la National Crime Agency, la mise hors d’état de nuire de ce chauffeur routier prive les barons de la drogue d’un intermédiaire logistique clé pour leurs futures opérations entre le continent européen et le Royaume-Uni.

Actualités

Abonne toi à la Newsletter

Acquisition > Newsletter : Sidebar