Si tu as suivi les traditionnels « vlogs d’août » de Léna Situations, tu as forcément vu passer ces images tournées sur l’île de Ré. Au milieu de la bande habituelle réunissant Sundy Jules, Paola Locatelli ou Bilal Hassani, une jeune femme de 26 ans partage les vacances du groupe : Gisèle Journo, cofondatrice de l’agence d’accompagnement de créateurs Gisèle Paris.
Mais ce décor de vacances a très vite basculé. Quelques jours après la mise en ligne des vidéos, des internautes ont déterré d’anciennes republications issues des réseaux personnels de l’agente. Parmi les contenus pointés du doigt :
- Le repartage d’un hommage vidéo montrant un soldat israélien décédé, époux d’une de ses amies selon ses proches.
- Des extraits de concerts en Israël et des publications célébrant l’armée israélienne.
- Un sketch parodique mettant en scène l’eurodéputée Rima Hassan.
L’appel au boycott et l’embrasement politique
La polémique a pris une dimension institutionnelle lorsque l’élue européenne LFI Rima Hassan s’est emparée du sujet sur son compte Instagram, suivi par plus d’un million d’abonnés. Dénonçant le relais de vidéos promotionnelles de Tsahal en plein conflit, l’eurodéputée a tranché sans détour :
« Je ne vais pas m’amuser à lister tous les influenceurs et influenceuses qui ont collaboré avec Gisèle Journo (…). Le boycott s’impose. »
Dans la foulée de cette prise de parole, la jeune directrice d’agence est devenue la cible d’un torrent de haine numérique. Insultes antisémites, menaces physiques et appels au lynchage se sont multipliés par milliers sous ses publications et celles de ses proches.
La justice saisie pour menaces de mort et antisémitisme
Face à la gravité des faits, le parquet de Paris a confirmé ce jeudi 20 août l’ouverture d’une enquête préliminaire. Le Pôle national de lutte contre la haine en ligne (PNLH) a confié les investigations à la Brigade de répression de la délinquance contre les personnes (BRDP).
La procédure vise précisément le harcèlement moral en ligne et les menaces de mort matérialisées par écrit ou image, avec la circonstance aggravante d’avoir été commis en raison de la race, de l’ethnie, de la nation ou de la religion.
Défendue par Mes Karen Noblinski, David Smadja et Julie Jacob, la plaignante a déposé plainte contre X pour dénoncer un déferlement inouï :
« Mes clients font aujourd’hui l’objet d’une campagne de cyberharcèlement d’une ampleur particulièrement préoccupante, mêlant menaces de mort, injures à caractère antisémite et sexiste et appels à la haine. »
De son côté, l’agence Gisèle Paris a réagi publiquement via un communiqué officiel, rappelant son attachement à la diversité de ses équipes et précisant n’avoir « jamais soutenu ni cautionné la mort de civils palestiniens ».
Désolidarisations en chaîne et pression sur les marques
Sur les réseaux, la panique s’est rapidement emparée des créateurs de contenu associés à Gisèle Journo. Pour préserver leur image de marque et éviter d’être emportés par la vague, plusieurs figures majeures de l’influence ont choisi de couper les ponts :
- Léna Situations a liké la publication de Rima Hassan, retiré ses photos communes avec son amie et s’est désabonnée de ses comptes.
- Sundy Jules a fait le choix de flouter entièrement le visage de Gisèle Journo dans ses montages récents.
- Sparkdise s’est fendu d’une story particulièrement virulente pour marquer une rupture totale avec l’agente.
- Plusieurs talents représentés par l’agence ont annoncé la résiliation immédiate de leur contrat d’accompagnement.
Face à cette réaction du milieu, la députée Caroline Yadan est intervenue publiquement sur le réseau social X pour dénoncer l’attitude des créateurs de contenu et pointer la responsabilité des têtes d’affiche :
« Dans ce contexte, le comportement de Léna Situations m’interpelle. Lorsqu’on dispose d’une audience de près de 5 millions de personnes, de tels gestes ne sont pas anodins. L’influence confère une visibilité considérable. Elle implique aussi une responsabilité. »
L’élue a directement accentué la pression en écrivant aux marques partenaires majeures de Léna Situations — à l’instar de Dior, Adidas, Etam France ou Tommy Hilfiger — pour les interpeller sur la compatibilité de ces prises de position avec leurs engagements affichés en matière d’inclusion et de lutte contre les discriminations.







