Un tweet sur un terroriste japonais à l’origine de l’affaire
Tout commence par une convocation au deuxième district de police judiciaire. Les enquêteurs du pôle national de lutte contre la haine en ligne (PNLH) s’intéressent de près à un message publié par l’élue sur le réseau social X le 26 mars dernier. Dans ce tweet, depuis supprimé, Rima Hassan citait Kōzō Okamoto, un membre de l’Armée rouge japonaise.
Le passif de cet homme est lourd : il est l’un des responsables du massacre de l’aéroport Ben-Gourion en Israël en 1972, qui avait coûté la vie à 26 personnes. Le député RN Matthias Renault, qui a signalé le post à la justice, rapporte les propos qu’aurait tenus l’insoumise en citant le terroriste :
« Tant qu’il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir ».
Pour l’accusation, cette reprise d’une citation d’un auteur d’attentat, sans mise à distance, constitue une apologie du terrorisme. Ce n’est pas une première pour la juriste de 33 ans, déjà visée par des procédures similaires pour ses positions sur le conflit israélo-palestinien et ses propos sur la « résistance armée ».
La surprise du sac : de la drogue de synthèse découverte
Si la convocation pour ses tweets était attendue, la suite de la perquisition l’était beaucoup moins. Lors de son arrivée au commissariat, les policiers ont fouillé le sac de la députée européenne. À l’intérieur, ils ont mis la main sur environ 2 grammes d’une poudre suspecte.
- Nature du produit : Il s’agirait d’une drogue de synthèse appartenant à la famille des cathinones.
- Substances possibles : Les experts évoquent potentiellement de la 3-MMC, souvent utilisée dans un cadre festif.
- Défense de l’élue : Rima Hassan a affirmé aux enquêteurs avoir acheté du CBD à Bruxelles et que cette drogue aurait été glissée dans son sac à son insu.
En plus de l’enquête initiale, la garde à vue a donc été étendue aux chefs de transport, détention et usage de stupéfiants. On apprend également qu’elle aurait refusé de se soumettre aux relevés de ses empreintes digitales.
« Police politique » : Jean-Luc Mélenchon monte au créneau
Du côté de La France Insoumise, on crie au scandale et à la persécution politique. Jean-Luc Mélenchon n’a pas tardé à réagir sur X, dénonçant une procédure « insupportable » contre son eurodéputée. Selon lui, cette interpellation prouve qu’il n’y a « plus d’immunité parlementaire en France ».
L’ambiance est électrique au sein du parti, où plusieurs cadres dénoncent une tentative d’intimidation contre les voix pro-palestiniennes. À l’opposé de l’échiquier politique, les réactions sont cinglantes. Le maire de Cannes, David Lisnard, a qualifié l’élue de « camée », tandis que d’autres responsables réclament désormais sa destitution pure et simple.
Pendant que les soutiens de Rima Hassan s’organisent, le Parlement européen a confirmé être en contact avec les autorités françaises pour suivre l’évolution de la situation de la députée. La garde à vue se poursuit dans les locaux de la PJ parisienne, où l’élue doit s’expliquer sur ce mélange explosif entre militantisme radical et substances illicites.








