Un braquage commercial immédiat dans les supermarchés
Lancée officiellement le 1er juin 2026, Ciao Energy a immédiatement retourné le marché français des softs. Portée par une vidéo promotionnelle cumulant plus de 11 millions de vues en seulement 24 heures, la canette à 1,49 euro s’est retrouvée en rupture de stock quasi instantanée dans plusieurs enseignes nationales comme Carrefour ou Monoprix.
Avec une promesse forte de bousculer les géants du secteur grâce à une recette présentée comme « zéro bullshit » (2,7 fois moins de sucre que Red Bull, caféine naturelle et édulcoration à la stévia), le produit cible directement la Gen Z. Ce public ultra-connecté représente déjà 13 % des acheteurs d’energy drinks en France, un marché juteux estimé à plus de 834 millions d’euros selon NielsenIQ.
Qui est GURU, la marque pionnière qui s’estime copiée ?
Mais le triomphe des trois influenceurs est aujourd’hui assombri par une vive polémique sur les réseaux sociaux, rapidement analysée par les experts du droit d’auteur. De nombreux observateurs pointent des similitudes frappantes entre l’identité de Ciao Energy et celle de GURU Organic Energy, une entreprise canadienne cotée à la Bourse de Toronto et pionnière des boissons énergisantes biologiques depuis 1999.
Les points communs relevés entre les deux marques s’avèrent particulièrement nombreux :
- Un positionnement identique d’alternative naturelle et saine aux mastodontes chimiques.
- L’utilisation exclusive de caféine d’origine végétale (extraits de guarana, thé vert, maté).
- Le rejet total des sucres de synthèse au profit d’édulcorants naturels.
- Un discours marketing axé sur la transparence absolue et la pureté des ingrédients.
- Une cible commerciale rigoureusement similaire (les 18-30 ans sensibles à la naturalité).
Contrefaçon ou parasitisme ? L’œil des experts juridiques
Selon l’analyse technique publiée par le cabinet spécialisé Avocatia, une plainte pour contrefaçon de marque au sens strict du Code de la propriété intellectuelle aura du mal à aboutir. Sur le plan purement visuel et phonétique, le nom « Ciao Energy » reste très éloigné du terme « GURU », et le design global des canettes respecte la charte graphique déjà établie lors du précédent projet de Squeezie avec le lancement de Ciao Kombucha en 2025.
En revanche, le véritable danger judiciaire pour le trio de créateurs de contenu se situe sur un tout autre terrain : celui du parasitisme économique, adossé aux articles 1240 et 1241 du Code civil français.
« Le parasitisme se définit comme le comportement par lequel un opérateur économique s’immisce dans le sillage d’un autre pour tirer profit de ses efforts, de son savoir-faire et de ses investissements, sans rien dépenser lui-même. »
Le cabinet juridique précise que contrairement à la contrefaçon classique, le parasitisme ne nécessite pas de prouver un risque de confusion visuelle chez le consommateur. La marque canadienne GURU pourrait ainsi légitimement soutenir qu’elle a investi massivement pendant plus de vingt ans pour imposer le concept d’une boisson énergisante bio en classe 32, et que l’équipe de Ciao Energy s’approprie aujourd’hui gratuitement cette valeur pionnière en reprenant mot pour mot ses arguments commerciaux.
Quelles sanctions risquent Squeezie, Inoxtag et Léna Situations ?
Si la firme québécoise décide d’engager des poursuites judiciaires devant le Tribunal judiciaire de Paris, l’affaire pourrait prendre une tournure dramatique pour la jeune marque française. GURU dispose en effet de plusieurs armes procédurales redoutables pour défendre ses intérêts économiques.
Au-delà de lourdes vagues de dommages et intérêts, la justice française peut être saisie via une procédure de référé d’urgence. Le président du tribunal a le pouvoir d’ordonner l’arrêt immédiat de la commercialisation, voire le retrait total des canettes Ciao Energy des rayons de la grande distribution sous astreinte financière par jour de retard.
Ce dossier met en lumière un enjeu crucial pour la « Creator Economy » et le studio d’innovation Banger Ventures, dirigé par Cyrille Jacques, qui pilote en coulisses les projets des créateurs. Si l’immense communauté d’Inoxtag et le sens aigu du business de Léna Mahfouf protègent souvent les influenceurs des accusations morales en ligne, le succès commercial ne les met pas à l’abri des réalités du droit des affaires.








