Un drame en plein déménagement et un mystère familial
Le 25 mai 2026, Charlotte Bertuletti, une habitante de Guillestre âgée de 41 ans, participait au déménagement de matériel d’imprimerie stocké chez son oncle à Vars. Entourée de son compagnon, de sa mère, de sa sœur et d’un cousin, la quadragénaire s’est soudainement écroulée sur la voie publique devant la mairie, touchée par une balle en pleine gorge. Malgré son évacuation en hélicoptère vers le CHU Grenoble Alpes, elle a succombé à ses blessures quelques heures plus tard.
Dès les premières heures, les gendarmes de la section de recherches de Marseille se sont heurtés à un mur de silence particulièrement déroutant de la part des proches présents lors du drame :
- Un silence incompréhensible : Aucun des quatre témoins familiaux n’affirmait avoir vu de tireur ou entendu de détonation suspecte.
- Une enquête nébuleuse : Le procureur de la République de Grenoble qualifiait alors l’affaire de particulièrement complexe en raison de l’absence de pistes évidentes.
- Une volonté de dissimuler : Les magistrats ont rapidement soupçonné une réelle réticence de la famille à expliciter le déroulement exact des faits.
« Il y a eu vraiment une volonté de la famille de ne pas expliciter clairement ce qui s’était passé. Les investigations vont donc devoir se poursuivre. »
Des traces de poudre et 40 heures de garde à vue
Mardi 21 juillet, un coup d’arrêt a été porté à cette affaire lorsque les cinq membres de la famille ont été simultanément placés en garde à vue. C’est l’analyse technique des vêtements qui a fait basculer les auditions : la présence de traces de poudre sur le pantalon de l’oncle, prénommé Claude, l’a poussé à rompre son silence après 40 heures d’audition.
Face aux enquêteurs, le septuagénaire a finalement reconnu être à l’origine du coup de feu, tout en plaidant la thèse de l’accident tragique :
- La rencontre fortuite : L’oncle affirme qu’il partait se promener dans les bois, armé pour se protéger des animaux sauvages (loups ou renards selon ses versions).
- Le tir accidentel : Il soutient avoir posé son sac à dos contenant l’arme sur son véhicule pour saluer le groupe. Le sac aurait glissé et le choc au sol aurait déclenché le tir fatal.
- La fuite et la panique : Pris de peur, il s’est éclipsé de la scène de crime avant d’aller cacher l’arme dans la nature.
Une version accidentelle qui ne convainc pas la justice
La trajectoire supposée aléatoire de la balle de calibre .22 Long Rifle venant percuter la victime en pleine gorge n’a pas persuadé la juge d’instruction du pôle criminel de Grenoble. L’oncle, qui avait déjà été condamné en 2022 pour détention d’armes illégale, a été incarcéré sous mandat de dépôt.
Si les quatre autres proches ont été remis en liberté à l’issue de leurs gardes à vue, les investigations se poursuivent activement pour retrouver le revolver dont le suspect s’est débarrassé et pour éclaircir les nombreuses zones d’ombre qui entourent encore ce drame.







