Une saturation amplifiée par la canicule
Si les refuges affichent complet, ce n’est pas uniquement à cause des départs en vacances. Cette année, la canicule a joué un rôle dévastateur. De nombreux propriétaires, incapables de gérer les besoins de santé de leurs animaux face aux fortes chaleurs, ont préféré les abandonner.
« Dès que l’animal a des problèmes de coeur ou de digestion qui nécessitent des traitements coûteux, certains ne peuvent pas ou ne veulent pas garder leur animal. Avec la chaleur, les demandes d’abandon explosent », témoigne Ghislaine, bénévole dans un refuge.
Des chiffres qui donnent le vertige
L’ampleur du phénomène est réelle et inquiétante. En 2025, ce sont plus de 330 000 animaux qui ont été abandonnés en France, dont 60 000 laissés sur le bord de la route. Pour les bénévoles, le constat est sans appel :
- Un pic d’abandons « de convenance » dès le mois de juin.
- Une chute drastique des adoptions, les fortes chaleurs décourageant les potentiels adoptants de se déplacer.
- Des refuges obligés de prioriser : seules les urgences absolues (saisies, décès, précarité extrême) sont désormais acceptées faute de place.
« Prendre un animal, c’est comme avoir un enfant »
Face à cette situation, les responsables de la SPA martèlent un message de fermeté et de pédagogie. L’adoption ne doit jamais être un acte impulsif lié à un « coup de cœur » sur internet, où les dérives sont malheureusement trop fréquentes, comme on a pu le voir avec des affaires choquantes impliquant des actes de cruauté gratuits ou des comportements violents d’influenceurs.
Sébastien Grèle, directeur du refuge de Brignais, ne mâche pas ses mots : « L’humain est un consommateur, et il consomme aussi des animaux. Un animal, c’est comme un enfant. Personne ne vous force à en avoir un. Si vous n’avez pas les capacités, le temps et l’envie, il ne faut pas en prendre. »
Responsabiliser pour agir
Pour endiguer ce fléau, des personnalités comme Michel Sardou ou Anny Duperey se mobilisent également pour réclamer des mesures d’État, notamment contre la vente en ligne impulsive. De son côté, la SPA rappelle qu’il existe des alternatives avant de jeter l’éponge :
- Le pet-sitting : de nombreuses plateformes permettent de faire garder son animal.
- Les pensions canines et félines : une solution temporaire certes payante, mais nécessaire quand on assume la responsabilité d’un être vivant.
- L’implication de l’entourage : voisins, amis ou famille peuvent souvent dépanner pour quelques jours.
Avant d’adopter, posez-vous les bonnes questions. Un engagement envers un animal s’inscrit sur 10, 15, voire 20 ans. Votre quotidien va changer, vos habitudes de vacances aussi, et c’est une responsabilité que chaque propriétaire doit accepter de porter dès le premier jour.







