Un calvaire de 2 882 kilomètres
Parti de Margate le 1er juin, Ross Edgley a regagné la terre ferme après cinq mois de nage intensive. Le « strongman » ne s’est pas contenté d’une simple baignade : il a dû braver les courants les plus violents de la planète et une météo britannique souvent impitoyable.
- 157 jours : La durée totale passée en mer sans jamais poser un pied à terre.
- 12 heures : Son temps de nage quotidien, alternant sessions de jour et de nuit.
- 2 882 km : La distance parcourue, soit l’équivalent de 85 traversées de la Manche.
Pour tenir ce rythme de 40 000 mouvements de bras par jour, Ross a dû ingérer entre 10 000 et 15 000 calories quotidiennement. Son régime ? Un mélange improbable de pizza, de pâtes et surtout plus de 600 bananes pour éviter les crampes.
« C’était brutal » : les séquelles physiques du record
L’exploit n’a pas été sans douleur. Derrière le sourire de l’athlète à son arrivée se cache une réalité physiologique terrifiante. Le sel, le froid et les frottements ont littéralement commencé à décomposer son corps durant l’aventure.
« La réalité, c’est que je suis devenu poilu, un peu gras, et que j’avais juste peur de m’effondrer en touchant le sol. »
Parmi les moments les plus sombres, on compte :
- Une langue « pourrie » : L’exposition permanente à l’eau salée a provoqué une désintégration partielle des tissus de sa langue.
- 37 piqûres de méduses : Dont une méduse géante restée accrochée à son visage pendant 30 minutes dans un tourbillon.
- Une blessure au cou : Des plaies ouvertes causées par le frottement de sa combinaison, que même 3 kg de vaseline n’ont pu stopper.
Des moments de grâce entre deux tempêtes
Malgré la douleur, Ross a vécu des expériences uniques au milieu de l’océan. Il raconte avoir été escorté pendant plusieurs kilomètres par une baleine de Minke dans le canal de Bristol, une rencontre qui lui a donné la force de continuer quand son mental lâchait.
Accueilli par plus de 400 nageurs venus l’escorter sur le dernier kilomètre à Margate, Ross Edgley a dû réapprendre à marcher dès les premières secondes sur le sable. « Les tendons de mes pieds étaient endormis », a-t-il confié avec humour.
L’aventurier, déjà connu pour avoir grimpé l’équivalent de l’Everest à la corde ou tracté une voiture sur un marathon, ne compte pas s’arrêter là. À peine sec, il évoquait déjà son prochain défi, promettant que ce tour de Grande-Bretagne pourrait bientôt paraître « un peu fade » à côté de ce qu’il prépare.









