Roubaix : David Guiraud fixe son salaire à 4 876 € bruts et s’attire les foudres de l’opposition

Le premier conseil municipal de la nouvelle ère LFI à Roubaix a tourné au règlement de comptes financier mercredi soir. Entre hausses de salaires pour la majorité et coupes drastiques pour les opposants, l’ambiance était électrique.
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Le chiffre qui fâche : 4 876 euros bruts

C’est officiel, David Guiraud touchera désormais 4 876 euros bruts mensuels pour diriger la ville de Roubaix. Si le chiffre peut paraître standard pour une ville de 100 000 habitants, c’est la comparaison avec son prédécesseur qui alimente les débats sur les réseaux sociaux et dans l’hémicycle municipal.

  • +10,8 % : C’est la hausse par rapport à l’indemnité d’Alexandre Garcin (ex-maire divers droite).
  • 475 euros : L’écart net qui sépare désormais le salaire de Guiraud de celui de l’ancienne équipe.
  • 18 % : L’augmentation globale de l’enveloppe dédiée aux élus roubaisiens.

Pour l’opposition, le message est clair : la « rupture » promise pendant la campagne ressemble surtout à une envolée des frais de fonctionnement. Isabelle Deheunynck, du groupe Agir au cœur de Roubaix, n’a pas mâché ses mots en dénonçant une majorité qui se sert en premier tout en rabotant les moyens de ses contradicteurs.

Des adjoints « à 100 % » mais mieux payés

David Guiraud ne s’est pas contenté de fixer son propre traitement. Ses adjoints voient également leur fiche de paie gonfler sérieusement. Les élus siégeant à la Métropole de Lille passent à 2 034 euros (+58 %), quand les autres atteignent 2 281 euros (+55 %). La palme revient à l’adjoint à la propreté, Arsène Igoussimène, avec 2 713 euros.

« J’assume un choix politique simple : celui d’en finir avec l’armée de conseillers délégués pour resserrer les responsabilités sur des adjoints qui ont les moyens d’être à 100 % sur leur mandat. »

Cette stratégie de « resserrement » a une contrepartie directe pour ceux qui ne font pas partie du premier cercle : les conseillers municipaux sans délégation voient leur indemnité divisée par deux, tombant à seulement 123 euros par mois. Une décision qualifiée de « mesquinerie » par Maël Camerlynck (DLF).

La contre-attaque de David Guiraud

Face à la tempête, l’ancien député LFI a dégainé son compte X pour remettre les pendules à l’heure. Son argument principal ? Il aurait pu toucher beaucoup plus s’il n’avait pas lui-même fait voter une délibération pour brider son salaire.

  • Le plafond refusé : Sans intervention, son salaire aurait grimpé automatiquement à 5 960 euros.
  • La perte de revenu : En quittant son siège de député pour la mairie, Guiraud affirme perdre environ 3 000 euros bruts par mois.
  • Le tacle à l’ancien maire : Il rappelle que l’ancien édile Guillaume Delbar cumulait plusieurs mandats pour dépasser les 8 000 euros mensuels.

En se comparant à d’autres villes de taille similaire, comme Perpignan où Louis Aliot (RN) perçoit plus de 5 000 euros, David Guiraud tente de placer son curseur dans la « fourchette basse ». Reste à savoir si cet argument comptable suffira à calmer les Roubaisiens, alors que la ville reste l’une des plus pauvres de France.

Cette première bataille budgétaire marque le début d’un mandat sous haute surveillance pour les insoumis, désormais aux commandes de la deuxième plus grande ville contrôlée par le parti de Jean-Luc Mélenchon après Saint-Denis.

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