Sans-papiers, il gagne à la loterie et obtient enfin son titre de séjour

En Italie, un jeune sans-papiers nigérian qui avait remporté le jackpot de la loterie s’est retrouvé bloqué par l’administration avant de voir sa vie totalement basculer. Gagner à la loterie sans pouvoir toucher son argent, c’est le cauchemar qu’a vécu Imagbe Ehizomwengie.
Imagbe ehizomwengie

En Italie, un jeune sans-papiers nigérian qui avait remporté le jackpot de la loterie s’est retrouvé bloqué par l’administration avant de voir sa vie totalement basculer. Gagner à la loterie sans pouvoir toucher son argent, c’est le cauchemar qu’a vécu Imagbe Ehizomwengie.

Le jackpot de la discorde et le piège administratif

Imagine la scène. Tu as 36 ans, tu as fui l’enfer de la Libye où tu as été séquestré pendant deux ans, et tu survis en vendant des mouchoirs et en mendiant devant un supermarché à Turin. Un jour, tu tentes ta chance avec tes quelques économies et tu achètes un ticket à gratter « Gratta e Vinci » à 5 euros.

Bilan ? Tu décroches le gros lot : 500 000 euros. C’est l’histoire folle d’Imagbe, arrivée en octobre dernier. Mais la joie laisse très vite place à un énorme casse-tête juridique. Sans titre de séjour, impossible pour lui d’ouvrir un compte en banque pour toucher son chèque. Et sans cet argent, impossible de prouver l’indépendance financière nécessaire pour régulariser sa situation.

La trahison, la solidarité et le projet « Mama Africa »

Pour tenter de s’en sortir, Imagbe décide de faire confiance à un proche, mais l’histoire tourne mal. Son ami le trahit et ne lui reverse finalement que la moitié de la somme, transférée sur le compte d’un cousin. Malgré cette arnaque, le trentenaire garde les pieds sur terre et décide d’investir ses fonds restants de manière intelligente.

  • Achat d’un commerce de proximité spécialisé nommé « Mama Africa ».
  • Création d’un emploi stable et légal au sein de la boutique.
  • Apprentissage et maîtrise complète de la langue italienne.
  • Stabilisation définitive de sa situation financière personnelle.

Installé à Falconara Marittima, dans l’est de l’Italie, Imagbe entame alors un long bras de fer judiciaire avec l’aide de son avocat, Maître Andrea Palazzeschi. L’objectif ? Faire reconnaître son parcours et son insertion auprès du tribunal d’Ancône.

Une victoire juridique plus forte que l’argent

Cette semaine, la justice italienne a enfin tranché et a ordonné la délivrance de son permis de séjour. Le juge a validé son dossier en s’appuyant sur des critères stricts : son intégration par le travail, sa maîtrise de la langue et sa stabilité financière.

« Il n’a pas obtenu ce permis parce qu’il a gagné de l’argent, mais parce qu’il a démontré qu’il remplissait les critères et constituait un bon candidat », a insisté son avocat dans les colonnes du Guardian.

Pour Imagbe, qui avait vu sa première demande de protection spéciale rejetée après son arrivée en Europe en 2016, ce bout de papier vaut bien plus que tous les millions du monde.

« C’est un immense soulagement. Vous pourriez trouver ça incroyable, mais obtenir le permis de séjour compte plus pour moi que de gagner l’argent. Je veux travailler et faire ma part pour la société », confie-t-il avec émotion.

Le nouveau propriétaire de « Mama Africa » prévoit désormais d’organiser une grande fête dans sa ville pour célébrer cette victoire administrative. Son unique souhait pour l’avenir reste d’une simplicité touchante : continuer à travailler sereinement et mener enfin une vie normale.

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