La fin d’une usine à gaz : le décret du 24 octobre 2026 enterre le PASS
Tu connais forcément quelqu’un qui a vécu l’enfer de la première année de médecine. Depuis 2020, le système divisait les candidats entre le PASS et les licences accès santé. Pourtant, cette organisation provoquait une immense détresse chez les étudiants.
Les chiffres parlaient d’eux-mêmes avec une fracture insupportable. Le taux de réussite atteignait 42,5 % pour les profils du PASS, contre à peine 20 % pour les élèves de L.AS. D’ailleurs, la Cour des comptes dénonçait déjà cette injustice criante dans son rapport d’évaluation publié en décembre 2024.
Face à ce constat amer, le gouvernement a décidé de trancher dans le vif. Le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste et la ministre de la Santé Stéphanie Rist ont confirmé la bascule. Dès la rentrée universitaire 2027, une porte unique remplacera l’ancien labyrinthe pour tous les bacheliers.
Une seule voie d’accès équitable verra le jour pour réconcilier les jeunes avec les carrières médicales.
La licence portail santé : comment fonctionne le nouveau cursus ?
Sur la plateforme Parcoursup 2027, tu ne cocheras plus entre deux filières rivales. En effet, la nouvelle formation portera le nom officiel de licence portail santé. Chaque étudiant devra valider 60 crédits ECTS répartis en trois modules bien distincts.
Le programme se structure autour d’un équilibre pédagogique précis :
- Le bloc santé (24 à 30 ECTS) : Il rassemble les matières médicales fondamentales communes à tous les inscrits.
- Le bloc disciplinaire (24 à 30 ECTS) : Il propose une majeure d’études choisie parmi une liste nationale encadrée.
- Le bloc transversal (6 à 12 ECTS) : Il renforce les compétences numériques, les langues vivantes et l’expression orale.
Ainsi, chaque fac déterminera sa propre répartition au sein de ces fourchettes officielles. Par contre, la grande surprise du décret réside dans l’intégration directe de la filière infirmière parmi les choix disciplinaires.
L’option IFSI : se former aux soins tout en visant médecine
Jusqu’à présent, les instituts de formation en soins infirmiers fonctionnaient de manière totalement séparée des amphis de médecine. Désormais, une université pourra signer une convention partenariale avec un IFSI autorisé. Cette alliance historique change totalement la donne pour les futurs soignants.
Concrètement, tu pourras suivre les cours de santé tout en apprenant les gestes techniques du métier d’infirmier. En réalité, cette formation délivre déjà le grade universitaire de licence. Dès lors, le ministère de la Santé valide pleinement cette double compétence clinique et théorique dès le premier cycle.
« Préparer le métier d’infirmier tout en gardant une chance réelle d’intégrer médecine met fin à la peur du vide après le concours. »
Résultat, tu ne perds plus ton temps sur des matières théoriques éloignées de tes aspirations. Tu développes une vraie pratique de soin utile au quotidien sur le terrain hospitalier. Pour explorer l’ensemble des débouchés et spécialités du secteur, retrouve également notre panorama complet dédié à la filière santé.
Le classement de sélection : adieu aux oraux éliminatoires
L’accès aux filières MMOP, qui regroupent médecine, maïeutique, odontologie et pharmacie, conserve son numerus apertus sélectif. Cependant, le décret du 24 octobre 2026 modifie radicalement les modalités d’évaluation des candidats. Les épreuves orales très contestées disparaissent purement et simplement de la procédure.
Pour garantir une équité totale, la sélection applique un filtre mathématique rigoureux. D’abord, l’université établit un classement interne propre à chaque mention disciplinaire. Ensuite, les jurys découpent chaque promotion en tranches de niveau homogènes.
À niveau académique équivalent, les candidats sont départagés uniquement sur leurs notes du bloc santé. Un étudiant issu de l’option soins infirmiers concourt donc à armes égales avec un élève de biologie ou de droit.
L’ancien système face à la réforme 2027
Pour t’aider à visualiser la bascule, voici les différences majeures entre les deux organisations :
| Critères d’analyse | Ancien modèle (PASS / L.AS) | Nouveau modèle 2027 (Portail santé IFSI) |
|---|---|---|
| Choix sur Parcoursup | Deux filières concurrentes distinctes | Un vœu unique avec sous-vœux disciplinaires |
| Épreuves de sélection | Écrits universitaires et oraux éliminatoires | Notes écrites du bloc santé sans oraux |
| Filière de secours | Licences généralistes souvent saturées | Passage direct en deuxième année d’IFSI |
| Seconde candidature | Possible en L.AS 2 après validation | Garantie en deuxième année sous conditions |
| Droit au redoublement | Interdit la première année en PASS | Autorisé une fois selon un seuil de crédits |
Que se passe-t-il si tu manques la marche de médecine ?
C’est précisément ici que le modèle de l’IFSI révèle toute sa force humaine. Si tu n’obtiens pas le rang utile pour médecine mais valides tes 60 crédits, tu ne retournes pas à la case départ. En fait, tu intègres directement la deuxième année de formation infirmière.
Évidemment, un arrêté fixera des critères pour rattraper d’éventuels stages cliniques non effectués durant la première année. Toutefois, ton statut étudiant reste totalement préservé au sein de l’institut hospitalier. Tu construis ainsi un diplôme d’État reconnu tout en apprenant un métier concret qui recrute massivement.
De plus, tu conserves ton droit à une seconde candidature vers les études médicales. Cette deuxième tentative se déroule à l’issue de ta deuxième année en IFSI. Tu abordes alors les rattrapages avec un bagage clinique rassurant et un moral d’acier.
Les alertes du terrain : des moyens indispensables pour réussir
Sur le papier, cette universitarisation des instituts infirmiers séduit largement la communauté éducative. Une enquête nationale menée par la FNESI auprès de 1 550 étudiants souligne que 78 % d’entre eux saluent l’apport théorique universitaire. De même, 56 % constatent un impact positif immédiat lors des stages pratiques.
Pourtant, le syndicat étudiant tire la sonnette d’alarme sur les conditions matérielles. Près de 61 % des étudiants en soins infirmiers dénoncent un manque cruel d’encadrement humain et de présence enseignante. Beaucoup doivent se contenter de cours enregistrés en vidéo sans accompagnement personnalisé.
Enfin, la question sociale du logement demeure une injustice majeure. Moins de 2 % des élèves en sciences infirmières obtiennent une chambre en résidence Crous à cause d’un rattachement administratif aux régions. Réussir cette réforme exigera donc des investissements massifs pour loger dignement les futurs soignants.
Foire aux questions
Les élèves actuellement en PASS ou L.AS peuvent-ils basculer ?
Non, le décret sanctuarise les cohortes actuelles pour éviter les ruptures de cursus brutales. Les étudiants inscrits pour l’année universitaire 2026-2027 terminent leur parcours sous l’ancien régime réglementaire jusqu’en 2029.
Quels lycéens sont directement concernés par cette voie ?
Les élèves actuellement scolarisés en classe de première et de terminale constituent la génération cible. Ils formuleront leurs vœux sous ce nouveau format lors de la campagne Parcoursup de l’année 2027. Pour prendre une longueur d’avance sur les attendus du supérieur, consulte dès aujourd’hui notre guide pratique expliquant comment se préparer aux études de médecine dès le lycée.
Les infirmiers déjà diplômés peuvent-ils utiliser ce portail ?
Cette voie s’adresse uniquement aux néo-bacheliers et aux étudiants en réorientation initiale. Les infirmiers diplômés d’État conservent leur dispositif spécifique de passerelles sur dossier et entretien pour intégrer directement la deuxième ou troisième année de médecine.







