Selon une enquête nationale menée par Santé publique France, la santé mentale des lycéens s’est globalement dégradée entre 2018 et 2022, avec une différence marquée entre filles et garçons :
- 31 % des lycéennes ont déclaré avoir eu des pensées suicidaires au cours des 12 derniers mois, contre 17 % des garçons.
- Près de 23 % des filles ont indiqué avoir parfois envie de mourir.
- 60 % des lycéennes ont déclaré manquer régulièrement d’énergie, comparé à 45 % des lycéens.
Ces chiffres mettent en lumière un écart préoccupant entre les sexes, avec les filles davantage touchées par des symptômes tels que le découragement, l’insomnie et le sentiment d’inutilité.
Un autre indicateur de mal-être est le sentiment de solitude, qui touche 27 % des lycéens et est plus fréquent chez les filles. Ce sentiment peut être aggravé par des facteurs sociaux, comme les relations entre pairs, la pression scolaire ou encore l’impact des réseaux sociaux.
Les causes possibles de cette dégradation
- La pression scolaire : les attentes élevées en matière de réussite scolaire contribuent au stress et à l’anxiété chez de nombreux élèves. Les filles, souvent perçues comme plus consciencieuses, ressentent davantage cette pression, ce qui peut conduire à un sentiment d’échec lorsqu’elles ne répondent pas à leurs propres exigences ou à celles de leur entourage.
- L’impact des réseaux sociaux : les réseaux sociaux jouent un rôle central dans la vie des adolescents, mais ils peuvent également accentuer leur mal-être. Chez les filles, l’exposition à des normes de beauté irréalistes ou la comparaison constante avec les autres peut entraîner une diminution de l’estime de soi et un sentiment de découragement.
- Le manque de sommeil : de nombreuses lycéennes souffrent de troubles du sommeil, souvent liés à l’utilisation excessive des écrans ou au stress. Ce manque de repos contribue à la fatigue chronique, qui est un facteur aggravant de la dépression.
Les données montrent que 24 % des lycéens, tous genres confondus, ont eu des pensées suicidaires dans l’année. Les filles sont toutefois nettement plus concernées, ce qui en fait une population vulnérable nécessitant une attention particulière.
La dépression peut entraîner une baisse des performances scolaires en raison de la difficulté à se concentrer, du manque de motivation ou de l’absentéisme accru. Cela alimente parfois un cercle vicieux, où les échecs scolaires aggravent le mal-être.
Les lycéennes touchées par la dépression rapportent fréquemment des douleurs physiques comme des maux de tête ou de ventre, qui sont souvent le reflet d’un mal-être psychologique.
Les solutions pour mieux accompagner les lycéennes
Les établissements scolaires doivent jouer un rôle clé dans la prévention de la dépression en mettant à disposition :
- Des psychologues scolaires pour écouter et accompagner les élèves.
- Des ateliers de gestion du stress pour leur apprendre à mieux gérer leurs émotions.
- Un climat bienveillant pour réduire la pression et favoriser le bien-être.
Les parents doivent être sensibilisés aux signes de mal-être chez leurs enfants. Une adolescente qui se sent triste en permanence, qui s’isole ou qui montre des signes d’irritabilité prolongée pourrait avoir besoin d’un soutien professionnel.
Encourager une utilisation modérée et saine des réseaux sociaux peut aider à réduire les effets négatifs sur l’estime de soi. Cela peut passer par des discussions sur les dangers de la comparaison et la promotion d’une vision plus réaliste des réseaux.
Les chiffres qui interpellent
- 15 % des lycéens présentent un risque important de dépression selon l’échelle ADRS, utilisée pour détecter les troubles dépressifs chez les adolescents.
- 58 % des lycéens souffrent de plaintes somatiques ou psychologiques récurrentes, avec une prévalence plus forte chez les filles.
- La santé mentale des élèves tend à se dégrader au fil des années de collège et de lycée, ce qui demande une vigilance accrue.
La santé mentale des lycéennes est une priorité qui nécessite une mobilisation collective des familles, des enseignants, des professionnels de santé et des pouvoirs publics. Identifier les causes, fournir des solutions adaptées et sensibiliser les différents acteurs sont autant d’étapes cruciales pour améliorer le bien-être des jeunes filles et leur offrir un avenir serein.
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