Zinédine Zidane

Tu penses que les études classiques sont l’unique voie vers la réussite ? Laisse-moi te raconter le parcours scolaire de Zinédine Zidane, un gamin des quartiers nord fâché avec les bancs de l’école qui a fini par retourner à l’université pour valider un prestigieux diplôme Bac+4.
zinedine zidane

La Castellane, les copains et l’école buissonnière

Avant de devenir l’icône absolue du football mondial, le petit Yazid (comme l’appellent ses intimes) grandit à Marseille. Son univers se limite à la place Tartane, au cœur de la cité de La Castellane. Dans les années 1980, son quotidien est rythmé par le judo au centre social et, surtout, le football en bas de son immeuble avec les copains du quartier.

Le système éducatif traditionnel ne l’inspire absolument pas. Il s’ennuie en classe et n’a qu’une obsession en tête : le ballon rond. Il préfère largement affiner sa technique sur le goudron marseillais plutôt que de noircir ses cahiers de leçons d’histoire ou de mathématiques.

À seulement 15 ans, il fait le choix radical de quitter le domicile familial et le cursus scolaire classique pour intégrer le centre de formation de l’AS Cannes. Le jeune adolescent bascule alors définitivement du « foot de rue » au « foot pro ».

Sur la Côte d’Azur, il ne lâche pourtant pas totalement l’apprentissage manuel. Il prépare et obtient un CAP au Centre de formation d’apprentis, tout en s’entraînant avec l’équipe première cannoise. Il rejoint ainsi le cercle très fermé de ces célébrités qui ont tracé leur route avec succès sans le fameux baccalauréat en poche.

L’éducation de la vie : l’héritage d’un père ouvrier

S’il n’a pas accumulé les bons points à l’école primaire, Zidane a reçu une éducation à la maison qui s’est avérée bien plus précieuse qu’un carnet de notes parfait. Le sociologue Stéphane Beaud a d’ailleurs étudié cette trajectoire comme un véritable cas d’école dans ses ouvrages dédiés au sport.

Son père, Smaïl, immigré kabyle arrivé en France en 1953 et ouvrier acharné dans le BTP francilien puis marseillais, lui a inculqué un socle moral indestructible. Des valeurs paysannes et ouvrières qui ont forgé le futur meneur de jeu de l’équipe de France.

Le sens du travail, le respect, l’humilité. Avec ces trois mots, on va loin dans la vie, on va très loin.

Le chercheur démontre comment Zidane s’inscrit dans un modèle fort d’intégration. Bien loin des clichés souvent véhiculés par certaines parodies télévisuelles qui réduisent parfois les footballeurs à des caricatures incultes, son parcours prouve une immense résilience intellectuelle.

C’est cette mentalité de « gros bosseur », combinée à une honnêteté sans faille, qui a propulsé le joueur vers les sommets. Une attitude humble qui explique pourquoi, des années après sa retraite sportive, il truste toujours le sommet du classement des personnalités préférées des Français.

Le retour inattendu à la fac à 39 ans

Faisons un bond dans le temps. Nous sommes en 2011. Zinédine Zidane a tout raflé : la Coupe du monde, l’Euro, la Ligue des Champions, le Ballon d’Or. Devenu un jeune retraité multimillionnaire, il occupe un poste de conseiller auprès du président Florentino Perez au Real Madrid.

Mais il ressent un vide intellectuel et un profond besoin de légitimité. Il ne veut pas être qu’un simple prête-nom décoratif. Il prend alors une décision radicale : retourner sur les bancs de l’école.

Il fait sa rentrée à Paris, au siège du comité national olympique, avec 17 autres camarades (dont les anciens internationaux Olivier Dacourt et Eric Carrière) pour intégrer la très prisée septième promotion du CDES (Centre de droit et d’économie du sport) de Limoges.

Le programme intensif de l’étudiant Zidane

L’objectif est clair : décrocher le diplôme universitaire de « Manager général de club sportif professionnel ». Et la direction a été stricte : il n’y aura aucun passe-droit pour la star.

  • Un cycle de quatorze séminaires de trois jours, étalé sur deux années intenses.
  • Des cours théoriques pointus allant du « Statut juridique du club professionnel » à la « Psychologie et gestion des hommes ».
  • Une assiduité contrôlée : toute absence devait être impérativement rattrapée lors de séances vidéo solitaires à Limoges. Deux absences non justifiées valaient une exclusion définitive.
  • Des examens finaux exigeants, composés d’épreuves écrites complexes et de soutenances orales face à un jury d’experts.

Un étudiant discret qui valide son Bac+4

Pendant deux ans, l’ancien capitaine des Bleus s’est fondu dans la masse étudiante. Conscient de ses lacunes de jeunesse, il a écouté, appris et bûché ses dossiers en marge de ses fonctions madrilènes. Il désirait ardemment combler ce bagage théorique qui lui manquait pour diriger les hommes et les structures d’un très grand club.

L’abnégation finit par payer. En janvier 2014, une photo publiée sur les réseaux sociaux par son ami Olivier Dacourt officialise la nouvelle : les deux anciens sportifs brandissent fièrement leur certificat de réussite.

Zizou a réussi ses partiels. Il valide un diplôme universitaire de niveau Bac+4, une revanche éclatante pour celui qui avait déserté le système scolaire trois décennies plus tôt.

Je suis fier de ce diplôme. De voir désormais des managers récompensés, ça prouve qu’on peut faire quelque chose après sa carrière de sportif. Mon but ici était d’apprendre ce qui m’a fait défaut lorsque j’étais plus jeune.

Cette double casquette, celle du génie du terrain couplée à celle du manager diplômé, va lui permettre de s’asseoir sereinement sur le banc du mythique Real Madrid. Fort de cette validation académique, il enchaînera avec l’obtention de sa licence UEFA Pro et de son Diplôme d’entraîneur professionnel de football (DEPF), faisant taire les ultimes sceptiques.

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