83 % des influenceurs santé n’ont aucune formation médicale aux États-Unis

Vous avez sûrement déjà ajusté votre régime alimentaire ou votre routine sportive après avoir vu une vidéo sur Instagram ou TikTok. Vous n’êtes pas seul : quatre Américains sur dix s’informent désormais via les réseaux sociaux, une proportion qui monte à 50 % chez les moins de 50 ans.
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Pourtant, une vaste enquête du Pew Research Center vient briser le mythe de l’expert en ligne. Derrière les conseils bien-être, la blouse blanche est une denrée rare. Pour savoir si ces conseils sont fiables, nous avions déjà posé la question : influenceurs fitness, peut-on vraiment suivre leurs conseils nutritionnels ?

Derrière l’écran, le règne des coachs et entrepreneurs

En analysant plus de 6 800 comptes suivis par au moins 100 000 abonnés, les chercheurs ont découvert un paysage bien loin des facultés de médecine. Le portrait-robot de l’influenceur santé est surprenant :

  • 41 % seulement se présentent comme des professionnels de santé dans leur biographie.
  • 31 % se décrivent comme des coachs (sport, diététique, vie).
  • 28 % sont avant tout des entrepreneurs vendant leurs propres programmes ou produits.
  • 13 % s’appuient uniquement sur leur « expérience personnelle » ou leur parcours de parent.

Plus inquiétant encore : 16 % des créateurs ne mentionnent strictement aucune expertise ou diplôme dans leur profil. Pour eux, le contenu prime sur les preuves scientifiques.

« Nous avons absolument sous-estimé les influenceurs en bien-être. Ils ne se contentent plus d’influencer ce que nous achetons ou ce que nous portons, ils dictent désormais nos choix de santé. » – Mariah Wellman, chercheuse à l’Université d’État du Michigan.

Médecine conventionnelle vs alternatives : le grand flou

Parmi la minorité qui revendique une formation médicale, tout ne se vaut pas. Si 17 % des influenceurs analysés possèdent un diplôme en médecine conventionnelle (médecins, infirmiers), d’autres jouent sur des terrains plus flous :

  • 7 % sont rattachés aux médecines dites « alternatives » (naturopathie, etc.).
  • 6 % sont diététiciens ou nutritionnistes.
  • 4 % se disent spécialistes en santé mentale.

Pourquoi on leur fait confiance (à tort ?)

Si la science est absente, pourquoi ces comptes cartonnent-ils ? Rachel Moran, de l’Université de Washington, explique que ce manque de cadre institutionnel est précisément ce qui attire l’audience : « En fait, ça peut être une grande part de leur attrait. »

Le problème est que les utilisateurs tombent souvent sur ces conseils par hasard, via l’algorithme, plutôt que par une recherche active. Résultat : 83 % des utilisateurs suivent ces recommandations pour changer leurs habitudes de vie, souvent sans vérifier la légitimité de la source.

Comment éviter le piège ?

Avant de suivre la énième routine détox ou un régime miracle, voici les réflexes à adopter :

  • Vérifiez la biographie : Un profil qui ne cite aucun diplôme ou ordre professionnel est une alerte rouge.
  • Cherchez les preuves : Les vrais professionnels citent souvent des études ou des recommandations officielles.
  • Méfiez-vous de l’expérience vécue : Ce qui a fonctionné pour une personne ne constitue pas une base scientifique universelle.
  • Croisez les sources : Un conseil santé majeur doit être validé par plusieurs sources institutionnelles fiables.

La prochaine fois que vous tomberez sur une vidéo santé en scrollant, prenez cinq secondes pour cliquer sur le profil. Un simple coup d’œil à la biographie suffit souvent à mesurer la solidité — ou l’absence — d’expertise réelle.

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