Caltech et Oratomic : vers un ordinateur quantique à 10 000 qubits

Le Graal de l’informatique vient de faire un pas de géant. Des chercheurs du Caltech et de la start-up Oratomic ont annoncé, ce 30 mars 2026, avoir trouvé la clé pour construire des ordinateurs quantiques fonctionnels bien plus vite que prévu.
ordinateur quantique

Pendant des décennies, le nombre de qubits physiques nécessaires pour stabiliser une machine était le mur infranchissable de la science. On parlait de millions d’unités. Mais cette étude publiée dans Nature vient de tout balayer : une machine utile n’aurait besoin que de 10 000 à 20 000 qubits pour changer le monde.

Le secret des « pinces optiques » et des atomes neutres

Pour réussir ce tour de force, l’équipe a utilisé des systèmes d’atomes neutres manipulés par des faisceaux laser. Contrairement aux processeurs classiques où les composants sont fixes, ici, les chercheurs utilisent des pinces optiques pour déplacer un atome et le connecter directement à un autre, même à l’autre bout du réseau.

  • Ancienne théorie : Il fallait 1 000 qubits physiques pour créer 1 seul qubit « logique » stable.
  • Nouvelle réalité : 5 qubits physiques suffisent désormais pour 1 qubit logique.
  • Connexion longue portée : Les atomes s’enchevêtrent à distance, boostant l’efficacité du traitement.

« C’est vraiment surprenant de voir à quel point cela fonctionne bien. C’est ce que nous appelons une correction d’erreurs ultra-efficace », explique Manuel Endres, professeur à Caltech.

Bitcoin et portefeuilles crypto : la fin de l’invincibilité ?

Si la nouvelle excite les scientifiques, elle fait transpirer les investisseurs en cryptomonnaies. Un ordinateur quantique opérationnel d’ici 2030, cela signifie une puissance capable de briser la cryptographie ECC-256, celle-là même qui protège vos bitcoins et vos ethers.

D’après les estimations d’Oratomic, un système de 26 000 qubits pourrait dériver vos clés privées en seulement 10 jours. Le RSA-2048, utilisé par les banques traditionnelles, résisterait un peu mieux mais nécessiterait environ 102 000 qubits, un chiffre qui ne semble plus aussi inaccessible qu’avant.

  • Le risque : Environ 6,9 millions de BTC dormants sur de vieilles adresses seraient vulnérables.
  • L’urgence : Google appelle déjà à migrer vers la cryptographie post-quantique dès 2029.
  • La menace : Le « stocker maintenant, déchiffrer plus tard » permet déjà à des hackers de voler des données aujourd’hui pour les ouvrir demain.

Un calendrier qui s’accélère brutalement

Le professeur John Preskill, légende du domaine, résume l’ambiance : il travaille sur le sujet depuis avant la naissance de certains de ses collègues, et il le confirme : « Enfin, nous nous en approchons ». La question n’est plus de savoir si cela arrivera, mais à quelle vitesse nous pourrons sécuriser nos données avant le grand basculement.

« Il est temps maintenant de construire les machines », prévient Dolev Bluvstein, CEO d’Oratomic.

Cette percée suggère que les ordinateurs quantiques pratiques pourraient voir le jour d’ici la fin de la décennie. Pour les géants de la tech, la course contre la montre est lancée : il faut rendre le Web « quantum-resistant » avant que la théorie ne devienne une réalité industrielle capable de vider les portefeuilles numériques.

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