De l’héroïne classique aux figures réalistes
Au dix-septième siècle, le roman noble célèbre des êtres parés d’une perfection morale et physique exceptionnelle. Dans La Princesse de Clèves, Madame de Lafayette met en scène une aristocrate exemplaire. Pourtant, cette figure idéale se fissure rapidement sous l’influence des récits picaresques espagnols. En fait, des aventuriers comme Gil Blas introduisent la ruse et l’erreur au cœur de l’intrigue.
Plus tard, le dix-neuvième siècle consacre le triomphe absolu du réalisme balzacien. D’ailleurs, Honoré de Balzac veut faire concurrence à l’état civil avec sa monumentale Comédie humaine. Le personnage reçoit alors un nom précis, un passé familial et une ambition sociale dévorante. Ainsi, Julien Sorel ou Rastignac incarnent les tensions d’une société obsédée par la fortune.
La déconstruction moderne et la naissance de l’anti-héros
Cependant, les traumatismes des guerres mondiales brisent définitivement cette confiance dans le héros conquérant. En réalité, des auteurs majeurs inventent la figure déroutante de l’anti-héros passif. Dans L’Étranger d’Albert Camus, Meursault traverse ainsi son existence avec une indifférence désarmante. De même, Louis-Ferdinand Céline plonge Ferdinand Bardamu dans l’absurdité sanglante des tranchées.
Enfin, le Nouveau Roman des années soixante achève de détrôner le personnage traditionnel. Alain Robbe-Grillet qualifie même cette notion de momie périmée et artificielle. L’écriture contemporaine préfère désormais suivre une conscience éclatée ou une voix anonyme. En clair, chaque question du quiz éclaire cette fascinante métamorphose de notre imaginaire littéraire.







