Vrai ou Faux : Les Américains étaient-ils au Groenland avant les Danois ?

Le président américain veut racheter le Groenland au Danemark, affirmant que ses ancêtres y étaient présents en premier. Pourtant, les faits historiques donnent un tout autre verdict sur la conquête de l’Arctique.
groenland histoire

Le match USA vs Danemark : un « zéro pointé » pour Trump

On ne va pas passer par quatre chemins : quand Donald Trump affirme que les États-Unis étaient présents avec des bateaux il y a 300 ans, c’est un raté total. Pour rappel, la déclaration d’indépendance des États-Unis date de 1776. Le pays n’a donc que 250 ans d’existence. Il est physiquement impossible que des navires battant pavillon américain aient devancé les Danois sur ces terres glacées.

Côté danois, la présence moderne remonte à 1721 avec l’arrivée du missionnaire Hans Egede. Même si le Danemark et la Norvège revendiquaient la souveraineté sur l’île depuis le XIVe siècle, c’est ce déploiement qui a marqué le début de la colonisation actuelle. Sur ce round, Copenhague gagne par K.O. technique face à Washington.

Les Inuits et les Vikings : les vrais patrons du Nord

viking groenland

Si vous voulez savoir qui était vraiment là en premier, il faut remonter bien plus loin que les tweets de la Maison Blanche. Selon les recherches scientifiques, les premières migrations humaines vers le Groenland datent d’environ 4 500 ans. Ces pionniers venaient d’Alaska et du Canada, traversant la banquise bien avant que l’Europe ne sache que l’île existait.

Puis, vers 982, arrive le plus célèbre des influenceurs de l’époque : Erik le Rouge. Ce Viking norvégien, banni d’Islande pour meurtre, décide de mettre le cap à l’ouest. C’est lui qui baptise l’île « Groenland » (Terre verte) pour attirer des colons. Un pur coup de marketing qui a fonctionné, puisque 2 000 personnes y ont vécu pendant 500 ans avant que le climat ne se refroidisse et ne les fasse disparaître, laissant les Inuits seuls maîtres du territoire.

Pourquoi les États-Unis sont-ils si obsédés par l’île ?

« Les États-Unis revendiquaient le Groenland comme faisant partie de leur sphère d’intérêts dès 1824 avec la doctrine Monroe. »

Cette envie de « shopping » territorial ne date pas d’hier. Durant la Seconde Guerre mondiale, alors que le Danemark était occupé par l’Allemagne, les Américains ont pris les commandes de l’administration du Groenland pour y établir des bases militaires. Ils ne sont d’ailleurs jamais vraiment repartis : la base spatiale de Pittufik est toujours en service aujourd’hui.

Aujourd’hui, l’intérêt est aussi économique. Le sous-sol regorge de ressources minières que les États-Unis aimeraient bien sécuriser. Le fils du président, Donald Trump Jr, a même atterri à Nuuk récemment pour tâter le terrain. Mais le gouvernement danois et les autorités groenlandaises sont formels : l’île appartient aux Groenlandais et elle n’est pas à vendre.

Un futur État souverain en préparation ?

Le Groenland n’est plus une simple colonie depuis 1953. Aujourd’hui, c’est un territoire autonome qui gère presque tout, sauf la défense et la diplomatie. La loi sur l’autonomie de 2009 reconnaît même les Groenlandais comme un peuple ayant droit à la souveraineté. Le processus vers l’indépendance totale est en marche, étape par étape.

Pendant que les grandes puissances se chamaillent pour savoir qui a envoyé le premier bateau, les 57 000 habitants de l’île, majoritairement Inuits, se préparent pour leur propre destin. Entre les ambitions américaines et la protection danoise, le Groenland reste la pièce maîtresse d’un échiquier géopolitique où l’histoire est souvent utilisée comme un argument de vente, même quand elle est fausse.

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