Un business de l’ombre à 40 euros le don
Entre 2019 et 2025, ce réseau clandestin a réuni plus de 7 000 membres. Le concept ? Contourner les délais officiels de la PMA (souvent supérieurs à 18 mois) via un système d’abonnement payant et des « dons » en cryptomonnaies. Loin des cliniques stériles, les échanges se passaient dans des chambres d’hôtel à Lille, Nantes ou Compiègne.
Le mode opératoire, qualifié de « précaire » par les enquêteurs du C3N (les gendarmes du web), laissait le choix entre deux méthodes : l’injection artisanale via une fiole et une seringue, ou le « don naturel » par rapport sexuel. Chaque transaction générait environ 40 euros pour le donneur.
- Localisation : interpellé dans le 13e arrondissement de Paris
- Méthodes : injections à la seringue ou rapports sexuels tarifés
- Bilan : l’administrateur a lui-même engendré trois filles via ces méthodes
« Utile en donnant la vie » : le profil troublant du créateur
Décrit comme un homme isolé et dépressif, le technicien parisien a reconnu que les conditions sanitaires n’étaient « pas irréprochables ». Pourtant, il a maintenu devant les juges un sentiment de satisfaction personnelle, affirmant se sentir « utile » en aidant des femmes à devenir mères.
« L’homme a été condamné à six mois de prison avec sursis pour entremise en vue de l’obtention de gamètes contre paiement et mise en danger d’autrui. » — Parquet de Valenciennes.
Si le prévenu a été relaxé des accusations d’insémination artificielle, le tribunal a lourdement sanctionné l’absence totale de contrôle. Sur sa plateforme, aucune vérification d’âge ni aucun test de dépistage (MST, IST, maladies génétiques) n’étaient effectués, contrairement aux exigences strictes de la loi de bioéthique.
Pourquoi un tel succès pour la PMA sauvage ?
Ce fait divers, jugé « inédit » par les autorités, met en lumière un malaise profond. Fin 2024, près de 10 600 femmes étaient en attente d’un don de spermatozoïdes en France. Face à la pénurie de donneurs officiels (en recul depuis 2022), le marché noir devient une alternative désespérée.
Les profils des utilisateurs de « Childablet » inquiètent les enquêteurs. Si les receveuses cherchaient avant tout à choisir les caractéristiques physiques de leur futur bébé ou à éviter les examens médicaux longs, certains donneurs affichaient des motivations plus sombres, comme l’ambition de « repeupler le pays ».
Les risques réels pour les parents et les enfants :
- Sanitaires : risque de transmission de pathologies graves sans tests préalables
- Génétiques : risque de consanguinité non maîtrisé (un seul donneur pour de nombreuses familles)
- Juridiques : absence totale de cadre pour la filiation et l’anonymat, piliers de la loi française








