Cyril Hanouna à la tête de l’Arcom ? La proposition folle de Jordan Bardella

Le leader du Rassemblement National, Jordan Bardella, aurait proposé la présidence de l’Arcom à Cyril Hanouna lors des législatives de 2024, une révélation qui secoue le PAF.
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Un séisme politique et médiatique

C’est la bombe médiatique de la semaine. Selon une enquête publiée par Mediapart, le président du RN aurait envisagé un scénario digne d’une série Netflix : confier les clés de l’Arcom, le gendarme de l’audiovisuel, à Cyril Hanouna. L’idée aurait germé juste après la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024, alors que le parti d’extrême droite se voyait déjà aux portes de Matignon.

L’ironie de la situation n’échappe à personne. L’Arcom est l’institution même qui a infligé des millions d’euros d’amendes à C8 ces dernières années pour les dérapages de l’animateur. Imaginer « Baba » passer de l’autre côté de la barrière, pour devenir celui qui régule et sanctionne ses confrères, a immédiatement enflammé les réseaux sociaux.

« Règle numéro 1 de la déontologie journalistique : toujours vérifier ses informations. Je n’ai jamais proposé la tête de l’Arcom à Cyril Hanouna », a réagi Jordan Bardella sur X.

« C’est une vanne » : la défense de Cyril Hanouna

Du côté de l’animateur, qui officie désormais sur W9 avec l’émission « Tout beau, tout n9uf », on joue la carte de l’humour et de la décontraction. S’il reconnaît une proximité avec l’homme politique, Cyril Hanouna assure que cette proposition, si elle a existé, ne pouvait être que sur le ton de la plaisanterie.

  • Le démenti : L’animateur affirme n’avoir aucun dessein politique officiel.
  • Le ton : Il évoque une « vanne » lancée lors d’une discussion informelle.
  • La crédibilité : « Vous me voyez à la tête de l’Arcom ? », a-t-il lancé pour clore le débat.

Pourtant, Mediapart insiste sur le sérieux des intentions de l’époque. Le média d’investigation rappelle que les deux hommes ont « festoyé ensemble » dans la villa de l’animateur à Saint-Tropez au cours de l’été 2024, discutant notamment de l’avenir de l’audiovisuel et des interventions répétées du régulateur contre les chaînes du groupe Bolloré.

Une stratégie de rupture totale

Au-delà de l’anecdote, cette affaire souligne la volonté du Rassemblement National de bousculer les codes de la haute administration. Nommer une figure ultra-populaire et clivante à la tête d’une autorité administrative indépendante marquerait une rupture nette avec les usages républicains habituels. Habituellement, ces postes sont réservés à des hauts fonctionnaires ou des magistrats.

Cette proximité affichée entre le politique et l’animateur star n’est pas nouvelle, mais elle prend une autre dimension avec le projet de privatisation de l’audiovisuel public porté par Jordan Bardella. Pour les observateurs, il s’agit d’une alliance stratégique visant à séduire un électorat jeune et mobile, celui-là même qui suit massivement les émissions de Cyril Hanouna.

« J’ai beaucoup de respect et d’amitié pour son travail », déclarait d’ailleurs Jordan Bardella en avril 2025.

Quel avenir pour le gendarme de l’audiovisuel ?

L’Arcom, fusion du CSA et d’Hadopi, se retrouve malgré elle au centre d’une bataille idéologique. Si la nomination de son président revient officiellement au chef de l’État, le Premier ministre dispose d’un pouvoir de proposition déterminant. En cas de cohabitation ou de changement de majorité, le visage du régulateur pourrait radicalement changer.

Pour l’instant, Cyril Hanouna semble préférer les plateaux de télévision aux bureaux feutrés de la rue de Grenelle. Mais cette « indiscrétion » montre à quel point les frontières entre divertissement, influence et pouvoir politique sont devenues poreuses en 2026. Entre deux clashs sur W9, l’animateur continue de peser sur le débat public, qu’il soit ou non dans les plans officiels du RN.

Alors, simple boutade entre amis sous le soleil de la Côte d’Azur ou véritable ballon d’essai politique ?

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