Digital College : Pokémon et 3M€ de dépenses suspectes

Le Digital College, l’une des écoles préférées des fans de marketing digital, est au cœur d’un scandale financier total après la révélation d’un rapport accablant transmis à la justice.
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Des cartes Pokémon payées avec l’argent de l’école

C’est l’info qui laisse tout le monde sans voix. Selon les enquêtes menées par l’IGF et l’IGAS, Ridouan Abagri, le fondateur charismatique du Digital College, aurait confondu sa poche personnelle avec les comptes de l’établissement. On parle de plus de 3,3 millions d’euros de dépenses « douteuses ».

Le plus fou ? Dans ce total, près de 2,2 millions d’euros auraient été engloutis dans l’achat de cartes Pokémon. Oui, vous avez bien lu. Des objets de collection financés via des circuits opaques, alors que l’école est subventionnée à 83 % par l’argent public de l’apprentissage.

  • 3,3 millions d’euros de dépenses suspectes au total.
  • 2,2 millions d’euros uniquement pour une collection de cartes Pokémon.
  • Mariage et hôtels de luxe : des prestations privées réglées par l’école.

La chute du gourou de la « Road to One Million »

Ridouan Abagri n’était pas n’importe qui. Musclé, souriant, il inondait YouTube avec sa méthode « Road to One Million », promettant à n’importe quel jeune de banlieue de devenir millionnaire en trois ans. Aujourd’hui, son mantra prend un sens beaucoup plus sombre devant le procureur de la République.

« Boule à zéro, barbe taillée, Ridouan Abagri a longtemps incarné la réussite… Aujourd’hui, il se fait beaucoup plus discret sur les réseaux sociaux. »

Le groupe Collège de Paris, auquel appartient l’école, est lui aussi en pleine tempête. Avec une dette astronomique de 90 millions d’euros, l’entreprise a été placée en procédure de sauvegarde. Le rêve de l’excellence accessible est en train de se transformer en cauchemar financier.

Des étudiants laissés sur le carreau

Pendant que la direction menait la grande vie, les étudiants, eux, commençaient à voir l’envers du décor. Entre des locaux « manga » stylés et des concerts de rappeurs privés, la réalité pédagogique était beaucoup moins « shiny ».

Plusieurs témoignages font état d’une organisation totalement chaotique. Certains élèves ont appris leurs dates de rattrapages en plein mois d’août sans aucun interlocuteur pour leur répondre. Pire encore, en Tunisie, des parents accusent l’école de n’être qu’une « pseudo-école » délivrant des diplômes sans valeur réelle sur le marché de l’emploi.

  • Vigiles à l’entrée pour filtrer les étudiants mécontents.
  • Diplômes « en bois » dénoncés par des familles à l’étranger.
  • Silence radio de la direction face aux plaintes des parents.

Une direction toxique et des recrutements lunaires

Pour tenter de sauver les meubles en 2025 après le départ d’Abagri, l’école avait nommé Rose Ameziane à sa tête. Connue pour ses passages en télé, elle promettait un « reboot » et de la transparence. Spoiler : ça a raté.

Elle a été limogée quelques mois plus tard après que Mediapart a révélé sa condamnation pour abus de confiance et travail dissimulé. Un casting qui pose question sur la gestion interne d’un groupe censé former les futurs managers du pays.

Aujourd’hui, l’heure est aux comptes. Entre les enquêtes pour blanchiment, détournement de fonds publics et abus de biens sociaux, le Digital College n’est plus l’école de la réussite, mais le symbole d’une dérive sans précédent dans l’enseignement privé français.

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