Dominique Bouvet, ex-cadre du sport scolaire, au cœur d’une nouvelle polémique de prédiction en ligne

L’ancien vice-président du comité olympique de Haute-Saône, Dominique Bouvet, s’est fait prendre à son propre jeu par un chasseur de pédocriminels utilisant une intelligence artificielle.
dominique bouvet

C’est une séquence qui tourne en boucle sur TikTok et Twitter, cumulant déjà des millions de vues. On y voit un homme, identifié comme Dominique Bouvet, échanger en vidéo avec ce qu’il pense être une jeune fille de 14 ans. En réalité, il fait face à un « deepfake » ultra-réaliste piloté par l’internaute Finnyzyy.

L’échange, qui dure près d’une heure, a été résumé dans un clip de 90 secondes devenu viral. Les propos tenus par l’ancien cadre du sport scolaire font froid dans le dos. Il y propose notamment d’emmener l’adolescente fictive au Parc des Princes pour voir un match du PSG, avant de glisser des questions explicites.

« Si on se voit et que je t’emmène au Parc, est-ce que je pourrais t’embrasser par exemple ? (…) Est-ce que ça te ferait envie ? »

L’homme ne s’arrête pas là. Utilisant son ancien statut de figure publique pour impressionner son interlocutrice, il tente d’instaurer un climat de chantage affectif. Il demande même à la jeune fille si elle a déjà envoyé des « nudes », tout en promettant qu’ils seront « tranquilles » une fois seuls.

Le CNOSF exprime son « effroi »

La réaction du Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) n’a pas tardé. Dans un communiqué officiel, l’instance a confirmé l’identité de l’individu tout en précisant qu’il n’exerçait plus de fonctions officielles depuis janvier 2020. Le Comité a tenu à marquer une distance immédiate et radicale.

  • Tolérance zéro : Le CNOSF réaffirme sa position contre toute forme de violence sexuelle.
  • Effroi : L’institution se dit horrifiée par la gravité des faits rapportés.
  • Signalement : Elle rappelle l’importance de dénoncer tout comportement prédateur.

Ce scandale arrive au pire moment pour le mouvement sportif, alors que la future « Fondation Sport sans violences » doit être lancée prochainement pour renforcer la protection des mineurs dans les clubs et les fédérations.

Un passé judiciaire déjà lourd

Ce n’est malheureusement pas la première fois que le nom de Dominique Bouvet apparaît dans la rubrique faits divers. L’ancien directeur départemental de l’UNSS 70 traîne déjà un passif judiciaire important lié à des comportements similaires.

En janvier 2025, il avait été condamné par le tribunal de Vesoul à 18 mois de prison avec sursis probatoire. À l’époque, l’enquête avait révélé des messages suspects envoyés à des lycéennes via le compte Instagram officiel de l’UNSS, ainsi que la présence de matériel pédopornographique sur son ordinateur personnel.

« Si les faits nouvellement rapportés devaient être confirmés, ils seraient d’une gravité absolue », martèle le CNOSF.

L’utilisation de l’intelligence artificielle par des « justiciers du net » comme Finnyzyy pose question sur le plan légal, mais elle vient ici de mettre en lumière une récidive apparente. Selon les dernières informations de la presse régionale, Dominique Bouvet se serait présenté de lui-même au commissariat de Vesoul ce mardi avant d’être placé en garde à vue.

Le parquet de Vesoul devra désormais déterminer si ces nouveaux échanges, bien que provoqués par un leurre technologique, constituent une violation de son sursis probatoire ou une nouvelle infraction pénale caractérisée.

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