Le tennis français s’est enfin trouvé un nouveau frisson, et il s’appelle Moïse Kouamé. À tout juste 17 ans, le natif de Sarcelles a retourné la terre battue de la Porte d’Auteuil en se qualifiant pour le troisième tour des Internationaux de France au terme d’un combat d’anthologie de 4h56 sous une canicule à 40 °C contre Adolfo Daniel Vallejo (6-3, 7-5, 3-6, 2-6, 7-6).
Aussi précoce que Rafael Nadal
En terrassant le Paraguayen après avoir balayé l’ancien numéro 3 mondial Marin Čilić au premier tour, le protégé de Richard Gasquet est devenu le plus jeune joueur à atteindre ce stade à Roland-Garros depuis Rafael Nadal en 2005. Une performance historique qui fait exploser sa notoriété, mais aussi son compte en banque.
Grâce à son épopée parisienne, le 313e mondial s’est assuré un prize money minimum de 187 000 euros. C’est simple : en d’un tournoi à Paris, le jeune homme a gagné plus d’argent que sur l’ensemble de sa carrière professionnelle entamée cette année, où ses gains cumulaient environ 151 000 euros. S’il réalise l’exploit de passer le prochain tour face au Chilien Alejandro Tabilo, le chèque grimpera même à 285 000 euros. S’il est encore trop tôt pour savoir s’il rejoindra les discussions pour savoir si Federer, Nadal ou Djokovic est vraiment le GOAT du tennis, sa précocité affole déjà les compteurs.
Pourtant, si vous pensiez que le joueur allait pouvoir s’offrir une folie dès la fin du tournoi, vous faites fausse route. La loi française est ultra-stricte : en raison de sa minorité, son argent est temporairement mis au frigo.
La Caisse des Dépôts bloque le pactole
Qu’il soit athlète de haut niveau, artiste ou joueur d’e-sport, la rémunération d’un mineur obéit à des règles de protection drastiques en France. Contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas les parents ou les représentants légaux qui récupèrent directement les chèques des tournois pour les placer sur un livret d’épargne familial.
« L’État impose qu’une partie majeure des gains générés par un mineur soit directement versée sur un compte bloqué, géré par un organisme public : la Caisse des Dépôts et Consignations. »
Sur ce compte d’attente, aucun retrait n’est possible, ni par le joueur, ni par son entourage. La fortune naissante du joueur de Sarcelles va donc dormir sagement pendant encore quelques mois. Moïse Kouamé devra attendre le jour précis de ses 18 ans, soit le 6 mars 2027, pour obtenir la pleine gestion de sa tirelire et utiliser son argent comme bon lui semble.
L’exception professionnelle : comment finance-t-il sa carrière ?
Pas de panique pour autant, le clan Kouamé ne va pas se retrouver sur la paille. La loi a évidemment pensé aux réalités du sport business. Le prize money décroché à Roland-Garros est en réalité divisé en deux enveloppes distinctes :
- La part bloquée : Elle constitue le capital d’avenir du joueur, intouchable jusqu’à la majorité.
- La part d’administration : Elle est laissée à la disposition des parents pour financer directement le train de vie pro du champion.
Le tennis sur le circuit ATP coûte une fortune en logistique, et cette seconde partie des gains va servir à payer les billets d’avion pour les tournois internationaux, les hôtels, mais aussi la rémunération des coachs, des préparateurs physiques et du staff médical qui l’accompagnent au quotidien.
Déjà encadré comme une superstar mondiale
Même s’il n’a pas encore l’âge de passer le permis de conduire, Moïse Kouamé évolue déjà dans la cour des très grands. Le Sarcellois, grand fan de Lewis Hamilton et de Cristiano Ronaldo, est couvé par IMG Tennis, l’agence de représentation la plus puissante de la planète, qui gère notamment les intérêts de Carlos Alcaraz et qui a propulsé les carrières de Roger Federer ou Serena Williams.
Sponsorisé par Nike, le crack tricolore voit ses revenus exploser en pleine crise du circuit professionnel, où de nombreux joueurs de l’ombre s’étaient plaints de la répartition des gains des premiers tours. Heureusement, la revalorisation de 11 % sur les premiers tours sécurise l’avenir financier des jeunes talents. Les revenus traditionnels du circuit restent essentiels, même si d’autres athlètes bousculent les codes pour diversifier leurs rentrées d’argent, à l’image du buzz provoqué par Océane Dodin qui assume à 100 % son OnlyFans en plein Roland-Garros.








