Qui ferait un bon président en 2027 en cas de guerre ?

Un sondage exclusif dévoile le nom des personnalités politiques que les Français estiment capables de diriger le pays en cas de conflit armé. À moins d’un an de la présidentielle 2027, les résultats bousculent sérieusement les certitudes des états-majors.
bardella président guerre

Aucun candidat n’obtient la majorité des suffrages

C’est le premier grand examen de l’enquête menée par l’institut Odoxa pour BFM, Challenges et L’Opinion tranchée : aucun leader politique actuel ne rassure pleinement la population sur ses capacités militaires. Le grand vainqueur de ce classement ne récolte en effet qu’un timide tiers des votes positifs, aucune des huit personnalités testées n’obtenant la moyenne.

Les Français affichent d’ailleurs de gros doutes face à la multiplication des crises internationales. Pour l’ensemble des figures politiques passées au crible, environ un citoyen sur coude-à-coude admet être totalement incapable de se prononcer sur leurs compétences en la matière. De quoi s’interroger sérieusement sur l’avenir de la dissuasion alors que de nombreux territoires à travers le globe détiennent cette technologie : découvrez notre dossier sur les pays qui possèdent l’arme nucléaire.

Le match Bardella – Philippe au sommet

Malgré les critiques récurrentes de ses opposants sur son extrême jeunesse, son manque d’expérience internationale ou l’absence de preuves de ses connaissances diplomatiques, c’est le président du Rassemblement national qui se hisse sur la première marche du podium. Le verdict des 1 005 Français interrogés dessine une hiérarchie très serrée en tête du classement général.

  • Jordan Bardella : 32% de « Oui » (50% de « Non » et 18% d’incertitude).
  • Édouard Philippe : 30% de « Oui » (47% de « Non » et 23% d’incertitude).
  • Marine Le Pen : 29% de « Oui » (55% de « Non » et 16% d’incertitude).

Si Jordan Bardella mène la danse en tant que favori global du premier tour, l’analyse montre qu’il s’agit d’une excellente performance pour Édouard Philippe. L’ancien locataire de Matignon talonne le patron du RN à seulement deux points d’écart, surperformant largement son niveau habituel dans les intentions de vote globales. Juste derrière, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s’en sort également de manière honorable en accrochant la quatrième place avec 23% d’opinions positives (54% de « Non »).

Règlement de comptes à tous les étages

Le baromètre met aussi en lumière de violents duels internes à chaque camp, en mesurant la popularité des candidats auprès de leurs propres sympathisants politiques. Dans la majorité présidentielle (Renaissance), le match tourne à la démonstration de force.

« Le duel Attal vs Philippe tourne doublement en faveur du second. Philippe recueille 30% de jugements positifs auprès des Français contre seulement 21% pour Attal, et il l’écrase de plus d’une trentaine de points auprès des sympathisants Renaissance (87% vs 56%). »

Au Rassemblement national, la rivalité interne tourne également à l’avantage de la nouvelle génération. Jordan Bardella devance désormais sa mentor Marine Le Pen de 3 points auprès de l’ensemble des Français (32% vs 29%) ainsi qu’auprès des militants historiques du parti à la flamme (86% vs 83%).

La « petite injustice » de François Hollande

L’autre surprise majeure vient de la gauche, où Jean-Luc Mélenchon ferme la marche nationale. Le leader de La France insoumise est l’homme qui suscite le plus de rejet sur les enjeux militaires, relégué en dernière position avec seulement 9% de confiance contre 77% de mauvaises opinions, malgré un solide soutien de 75% chez les militants LFI. À ses côtés, l’ancien président François Hollande subit un désaveu massif.

L’ex-chef de l’État ne récolte que 13% d’avis favorables (et 70% de rejets), se faisant même distancer d’un point par Raphaël Glucksmann (14% de « Oui ») auprès des Français et au sein de l’électorat du Parti Socialiste (50% pour Glucksmann contre 42% pour Hollande). Une véritable injustice aux yeux des experts d’Odoxa, qui rappellent que Hollande a pourtant géré des crises armées concrètes durant son mandat, menant l’intervention militaire au Mali et tenant tête à Poutine sur le dossier syrien. Son image globale dégradée semble totalement occulter son bilan régalien objectif.

La guerre, une priorité très secondaire pour 2027 ?

Il faut toutefois relativiser l’impact direct de ce critère pour la future campagne présidentielle. Malgré l’omniprésence des tensions géopolitiques mondiales sur les écrans, les risques de guerre restent une préoccupation secondaire, reléguée au 9ème rang du classement des priorités nationales.

  • 1er – Le pouvoir d’achat : 49% des citations.
  • 2ème – La santé : 39% des citations.
  • 3ème – La lutte contre l’insécurité : 37% des citations.
  • 9ème – La résurgence des guerres : 15% des citations au niveau national.

Fait surprenant, ce sont les sympathisants des partis réputés les plus « martiaux » ou offensifs sur le plan sécuritaire qui s’en soucient le moins à l’heure actuelle, le sujet n’obtenant que 12% d’intérêt chez Les Républicains et un minuscule 8% chez les électeurs du RN. Attention toutefois au retour de flamme : les analystes préviennent qu’une crise majeure internationale frappant directement à nos portes peut instantanément rebattre les cartes, comme en février 2022 où l’invasion de l’Ukraine avait brutalement fait grimper les courbes électorales d’Emmanuel Macron.

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