Le récit est difficile à entendre, mais nécessaire pour comprendre l’ampleur de l’onde de choc. Tout bascule en avril dernier, lorsqu’une petite fille de 7 ans livre à ses parents un témoignage glaçant sur ce qu’elle subit depuis plus d’un an dans les toilettes du centre de loisirs. Elle décrit des scènes insoutenables : des agressions, des viols et des actes scatophiles répétés.
Face à la précision du récit de l’enfant, ses parents déposent plainte immédiatement. Rapidement, une deuxième famille se manifeste pour des faits similaires concernant leur fille de 6 ans. Ce lundi, c’est une troisième plainte qui a été enregistrée à la gendarmerie d’Irigny : celle d’une petite fille de seulement 3 ans et demi.
« Il lui touchait les fesses »
Comment de tels faits ont-ils pu passer inaperçus ? Selon les confidences des enfants, l’animateur les emmenait dans les sanitaires réservés aux personnes handicapées pour commettre ses actes. La plus grande des fillettes aurait même vu le mis en cause ressortir de ces mêmes toilettes avec la plus jeune des victimes.
« La petite fille lui a répondu que l’animateur était ‘toc toc’, qu’il lui touchait les fesses, la culotte et la zézette. »
La colère des familles est d’autant plus vive que ce drame résonne avec le traumatisme collectif laissé par d’autres affaires récentes. Les parents redoutent que la justice ne soit pas assez rapide, évoquant notamment le contexte de la disparition de Lyhanna dans le Gers, qui pèse lourdement sur les esprits.
L’animateur mis en examen
Le suspect, un homme d’une trentaine d’années prénommé Jérôme, a été placé en garde à vue le 4 mai. Faute d’éléments techniques suffisants à l’époque — l’analyse de son téléphone et de son ordinateur n’ayant rien donné — il avait été relâché après 36 heures. Une remise en liberté qui avait suscité une colère profonde chez les familles et leur avocat, Maître Jean Sannier.
Ce jeudi 11 juin, la situation a basculé :
- L’animateur a été de nouveau placé en garde à vue.
- Il a été mis en examen pour viol et agressions sexuelles sur trois mineures.
- Il est désormais placé sous contrôle judiciaire.
Son avocat, Maître Sébastien Soy, maintient que son client « conteste les faits » et est déterminé à démontrer son innocence. De son côté, la mairie de Charly, qui assure avoir vérifié le casier judiciaire de l’animateur lors de son embauche en 2023, a immédiatement suspendu l’intéressé à titre conservatoire dès le signalement des premières plaintes.
La commune sous le choc
Pour soutenir les familles et tenter d’apaiser l’inquiétude grandissante des parents, la municipalité a multiplié les mesures :
- Mise en place d’une cellule d’écoute dédiée.
- Organisation de réunions de crise pour les habitants.
- Partenariat avec l’association « L’Enfant Bleu » pour des temps d’échange sécurisés.
L’enquête, désormais placée sous le contrôle d’une information judiciaire, doit déterminer avec précision l’étendue des agissements de cet animateur qui a exercé dans plusieurs structures du sud-ouest lyonnais ces dernières années. Pour les familles, le combat ne fait que commencer : elles attendent désormais que la justice fasse toute la lumière sur ce qui s’est réellement passé derrière les portes des toilettes du centre de loisirs.







