École IT en faillite : étudiants et profs piégés à Olivet

Au bord du dépôt de bilan, l’École IT d’Olivet laisse près d’une centaine d’étudiants sans perspective et des intervenants avec des milliers d’euros d’impayés.
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C’est la douche froide de plein été. Alors que les futurs diplômés préparaient leurs vacances ou leurs soutenances, la promesse d’un « environnement inspirant pensé pour révéler les talents de la tech » s’est brutalement effondrée. Implanté près d’Orléans depuis 2020, mais aussi à Amiens, Valenciennes et Bruxelles, l’établissement privé spécialisé dans la cybersécurité et l’IA s’apprête à déposer le bilan. En interne, les salariés ont appris la fermeture lors d’une visioconférence le 10 juillet, avant que la direction ne devienne complètement aux abonnés absents.

Des frais de scolarité exorbitants et aucun diplôme à la clé

Pour les étudiants hors alternance, la facture est salée : 7 900 euros par an, soit près de 40 000 euros pour valider un cursus Bac+5. Aujourd’hui, ceux qui ont investi toutes leurs économies se retrouvent le bec dans l’eau. Les examens de fin d’année ont été annulés et reportés en septembre, mais la structure ferme définitivement ses portes dès ce 27 juillet. Bilan ? Trois ans d’études pour certains, zéro note validée et aucun diplôme reconnu pour rebondir.

Pire encore, le site internet de l’école continue de promouvoir les inscriptions pour l’automne 2026, et plusieurs élèves constatent que leurs prélèvements mensuels se poursuivent. Pour les étudiants internationaux, notamment ceux venus du Cameroun, le problème prend une tournure dramatique. Sans certificat de scolarité ni relevé de notes délivré par l’administration, la Préfecture refuse de renouveler leur titre de séjour.

« On ne s’y attendait pas du tout, de but en blanc comme ça, en plein été. Il y a des nouveaux étudiants qui se sont inscrits et d’autres qui ont payé pour une nouvelle année. »
— Gaëtan Perruche, formateur sur le campus d’Orléans

Des dizaines de milliers d’euros de factures impayées pour les intervenants

Du côté du corps professoral, la colère monte également. Les intervenants extérieurs, souvent des professionnels en activité venus partager leur expertise terrain, accumulent les factures non honorées depuis le mois d’avril. La direction laissait filtrer de micro-virements dès que la contestation grondait, mais le vase a fini par déborder.

  • 7 000 € réclamés par un formateur orléanais spécialisé en cybersécurité.
  • 10 750 € d’impayés pour un concepteur-développeur à Bruxelles.
  • 18 000 € à 25 000 € de dette envers d’autres enseignants du réseau.
  • 63 900 € de créances cumulées pour un collectif de huit formateurs belges et français.

Pour faire valoir leurs droits, plusieurs enseignants ont décidé de se regrouper en collectif afin de mettre en demeure la maison mère basée en Belgique. Mais la plupart savent déjà que la procédure sera longue et incertaine.

L’envers du décor d’un modèle économique à la dérive

Comment une structure qui affichait des taux d’insertion exceptionnels a-t-elle pu s’effondrer si rapidement ? En épluchant les bilans financiers de l’entreprise, certains formateurs ont découvert que l’École IT vivait à perte depuis 2021. Pilotée par deux entrepreneurs belges issus de la grande distribution, la société ouvrait de nouveaux campus à Valenciennes ou Amiens alors même que les sites existants ne dégageaient aucun bénéfice.

À Olivet, l’amertume est d’autant plus grande que le bassin local manquait cruellement d’offres de formation. Alors que de nombreux jeunes cherchent à s’orienter vers les écoles de la filière informatique pour sécuriser leur avenir, les victimes de l’École IT doivent désormais trouver en urgence des alternatives universitaires ou privées, souvent hors de prix et presque toutes complètes à quelques semaines de la rentrée.

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