OnlyFans et MYM bientôt interdits en France ?

Tu pensais que ton abonnement restait anodin, mais OnlyFans et MYM pourraient bientôt devenir totalement illégaux en France.
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Le modèle des contenus pour adultes menacé

Acheter des photos privées ou payer un abonnement pour échanger avec un créateur semble banal aujourd’hui. En France, plus de cinq millions d’utilisateurs alimentent le business juteux des stars de la télé-réalité. Pourtant, ce modèle économique pourrait s’effondrer face à une offensive législative sans précédent.

Les députés examinent actuellement un texte qui pourrait rayer ces sites du paysage numérique national. La proposition de loi contre les violences sexistes et sexuelles s’attaque frontalement à ces réseaux. Le texte ne vise pas seulement les dirigeants, il cible aussi directement les utilisateurs.

L’article 25 qui fait trembler les plateformes

Au cœur de la tourmente se trouve l’article 25 de la proposition de loi. Ce texte entend réécrire en profondeur les règles du Code pénal. Les parlementaires veulent élargir la définition juridique du proxénétisme pour englober les intermédiaires numériques.

Concrètement, la loi veut punir le fait d’aider ou d’assister à distance la réalisation d’actes sexuels rémunérés. Elle sanctionne aussi quiconque fait office d’intermédiaire financier ou technique en connaissance de cause. Les sites prélevant une commission sur chaque pourboire ou abonnement tombent pile dans le viseur.

En prélevant un pourcentage sur les gains des modèles, ces entreprises agiraient comme des proxénètes. Leurs dirigeants risqueraient alors jusqu’à sept ans de prison et 500 000 euros d’amende. Face à une telle menace pénale, le maintien de leurs activités en France deviendrait impossible.

Une amende salée pour les clients connectés

Le projet législatif ne s’arrête pas aux patrons des plateformes. Il instaure une contravention de cinquième classe pour tous les acheteurs de contenus sexuels en ligne. Payer pour une photo explicite ou un échange intime deviendra donc une infraction pénale.

Les consommateurs risquent une amende forfaitaire de 1 500 euros dès la première infraction constatée. En cas de récidive, la sanction financière grimpera automatiquement à 3 000 euros. Cette mesure applique directement au monde virtuel le principe de pénalisation des clients de la prostitution.

Le texte pose également un verrou juridique absolu autour de la jeunesse. Tout mineur engagé sur ces plateformes sera immédiatement reconnu comme victime d’une infraction sexuelle. La justice n’aura plus besoin de prouver une quelconque contrainte ou manipulation psychologique.

Une onde de choc née de failles judiciaires

Cette offensive parlementaire ne surgit pas de nulle part. Elle s’inscrit dans un texte global de 69 articles porté par la députée socialiste Céline Thiébault-Martinez. La proposition de loi répond directement aux scandales et aux défaillances révélés par l’affaire Lyhanna.

L’objectif affiché consiste à protéger les plus vulnérables contre l’exploitation numérique. Le texte veut repérer les violences dès le plus jeune âge et réorganiser la justice face à la cybercriminalité. Le gouvernement prend d’ailleurs le dossier très au sérieux avec des moyens financiers massifs.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a validé une enveloppe budgétaire conséquente pour accompagner cette réforme. Plus de 1,5 milliard d’euros seront consacrés à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. À cela s’ajoutent 2,6 milliards d’euros entièrement fléchés vers la protection de l’enfance.

Protection légitime ou précarisation des créateurs ?

Malgré ces intentions vertueuses, le projet de loi suscite une vive opposition chez les créateurs de contenu. Beaucoup dénoncent une vision moraliste qui ignore les réalités actuelles du numérique. Pour eux, ces espaces offrent une sécurité physique incomparable par rapport à la rue.

Les défenseurs des travailleurs du sexe craignent un retour brutal vers la clandestinité la plus totale. Priver les indépendants de leurs revenus légaux pourrait les pousser vers des plateformes étrangères non régulées. Dans ces zones grises, les risques de piratage, de chantage et d’extorsion explosent sans recours possible.

À l’inverse, les partisans du texte pointent du doigt un piège financier destructeur pour la jeunesse. Ils dénoncent des mécanismes conçus pour encourager la marchandisation des corps sous prétexte d’émancipation financière rapide. La précarité étudiante pousse trop souvent des profils vulnérables à franchir le pas sans mesurer les conséquences durables.

La bataille décisive à l’Assemblée nationale

L’examen en commission spéciale représente le premier véritable test politique pour l’article 25. Les députés doivent trancher entre une interdiction pure et simple et des mécanismes de régulation plus stricts. Les auditions récentes de plusieurs ministres témoignent de la complexité des arbitrages en cours.

Le texte débarquera officiellement dans l’hémicycle à partir du premier octobre prochain pour des débats électriques. Si l’interdiction est votée, la France deviendra l’un des pays les plus répressifs sur ce marché. Les créateurs comme les millions d’abonnés retiennent leur souffle avant le verdict parlementaire.

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