Un travail de titan mené sur 2 674 publications
Publiée le 12 août dans la revue Research Integrity and Peer Review, une vaste enquête menée par neuf chercheurs et le lanceur d’alerte Fabrice Frank a épluché l’immense production de l’Institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection.
Entre 1994 et 2024, ce sont très exactement 2 674 études qui ont été passées au crible pour analyser leurs pratiques déontologiques. Le constat dressé par les scientifiques est pour le moins alarmant quant à la rigueur des protocoles appliqués au sein de l’établissement marseillais, rappelant les vifs débats nés dès la gestion initiale des urgences sanitaires, à l’instar de ce que l’on a pu observer lors de l’émergence des premiers variants comme le détaille notre article sur le Covid-19 et la détection d’un nouveau variant en France.
- 853 articles ciblés pour des préoccupations éthiques
- Des validations de comités remises en question ou absentes
- Une période analysée s’étalant sur trois décennies
Des dérives bien antérieures à la crise sanitaire
Si la gestion controversée de l’IHU pendant la pandémie de Covid-19 avait déjà mis en lumière des essais cliniques jugés sauvages, cette nouvelle étude prouve que le problème serait loin d’être un cas isolé lié à l’urgence sanitaire.
Le nombre d’études problématiques est énorme et laisse penser que des entorses à la déontologie ont pu être pratiquées à grande échelle pendant trente ans.
Les investigations pointent notamment des problèmes d’autorisations légales requises pour mener ces recherches ou des validations obtenues auprès de comités dont l’indépendance pose question.
Une réputation scientifique durablement écornée
Cette nouvelle salve d’accusations vient alourdir un dossier judiciaire et déontologique déjà particulièrement lourd pour l’ancien directeur de l’institut, dont vous pouvez retrouver la trajectoire complète et les controverses en consultant notre dossier biographique consacré au parcours de Didier Raoult.
Entre les polémiques passées sur les protocoles de traitement et le retrait d’essais thérapeutiques d’envergure, l’héritage scientifique de cette ère se retrouve aujourd’hui profondément fragilisé face à la communauté internationale.







