Un colis étiqueté « œuvre d’art » pour contourner les douanes
Selon les dossiers consultés par le média Middle East Eye, la transaction remonterait à mars 2017. Des échanges de courriels détaillent l’organisation logistique millimétrée d’un envoi depuis l’Arabie saoudite vers la résidence d’Epstein en Floride (ou aux Îles Vierges). Pour éviter d’attirer l’attention des autorités douanières sur la nature réelle du contenu, le colis aurait été simplement enregistré sous l’étiquette « œuvre d’art d’Arabie saoudite ».
Le réseau impliqué dans cet envoi de « soft power » semble s’étendre jusqu’aux Émirats arabes unis. Les documents nomment notamment Aziza Al-Ahmadi, une femme d’affaires émiratie, et un certain Abdullah Al-Maari comme facilitateurs du transport. Ces révélations soulèvent une question brûlante : comment un homme condamné pour crimes sexuels a-t-il pu conserver de tels appuis dans les cercles d’influence du Moyen-Orient ?
Fragments sacrés : trois pièces d’une valeur inestimable
La Kiswah n’est pas un simple tissu. Fabriquée en soie noire et brodée de fils d’or, elle est remplacée chaque année lors du Hajj. Habituellement, les fragments de l’ancienne couverture sont découpés pour être offerts à des chefs d’État ou des dignitaires de haut rang. Dans le cas d’Epstein, il ne s’agirait pas d’un mais de trois morceaux distincts :
- Un fragment provenant directement de l’intérieur de la Kaaba.
- Un morceau de la couverture extérieure ayant déjà servi.
- Une pièce fabriquée avec les mêmes matériaux précieux, mais non utilisée.
Dans l’un des mails, Aziza Al-Ahmadi souligne d’ailleurs la dimension spirituelle « exceptionnelle » de l’objet, rappelant qu’il porte les « prières, les espoirs et les larmes » de millions de fidèles. Le contraste avec le profil criminel du destinataire crée aujourd’hui un véritable séisme sur les réseaux sociaux, où de nombreux internautes dénoncent une profanation.
Le réseau Epstein : un pouvoir sans aucune limite ?
Ce qui frappe dans ces « Epstein Files » version 2026, c’est la capacité du financier à pénétrer des espaces normalement inaccessibles au commun des mortels. Pour la génération Z et les Milléniaux, cette affaire symbolise l’existence d’une « super-classe » mondiale pour qui rien n’est sacré, pas même les reliques religieuses les plus protégées au monde.
À ce stade, aucune autorité officielle saoudienne n’a confirmé avoir validé cet envoi. Il semblerait que Jeffrey Epstein ait utilisé des circuits privés et des intermédiaires d’affaires pour obtenir ce « trophée ». Cette découverte relance les appels à une transparence totale sur les cadeaux diplomatiques et les réseaux d’influence transnationaux qui ont permis à Epstein de rester protégé pendant des décennies.
Une onde de choc internationale
L’indignation dépasse les frontières religieuses. Elle interroge sur la complicité des entreprises de logistique et le manque de traçabilité des biens culturels de haute valeur. Pour les experts, le fait qu’Epstein ait pu recevoir ce tissu en 2017 — soit près de dix ans après sa première condamnation — prouve que son réseau financier et politique était encore opérationnel peu de temps avant son arrestation finale en 2019.
Alors que le Département de la Justice américain continue de libérer les documents par étapes, de nombreux observateurs pensent que l’épisode de la Kiswah n’est que « la partie émergée de l’iceberg ». L’élite de l’ombre semble avoir utilisé les trésors du monde comme de simples actifs financiers.
« L’idée qu’un morceau de la Kaaba, touché par des millions de pèlerins, ait fini comme élément de décoration chez un criminel sexuel est une dissonance psychologique insupportable. » — Réaction virale sur X (ex-Twitter).
- Date de l’envoi : Mars 2017.
- Contenu : 3 fragments de la Kiswah (sacré).
- Destination : Résidence d’Epstein (Floride ou St Thomas).
- Intermédiaire clé : Aziza Al-Ahmadi (femme d’affaires).








