Affaire Jack Sion : le procès du faux playboy rejugé à Nice

Le procès en appel de Jack Sion, le septuagénaire qui se faisait passer pour un mannequin pour piéger des femmes, s’ouvre ce mercredi 6 mai à Nice. On vous explique cette affaire hors norme qui bouscule le droit français.
jack sion

Anthony Laroche : Le gendre idéal qui n’existait pas

Sur les sites de rencontres, il s’appelait Anthony Laroche. 37 ans, architecte d’intérieur à Monaco, blond aux yeux bleus, mâchoire carrée. Un profil de « Ken » qui faisait mouche auprès de centaines de femmes. Mais derrière cet écran de fumée se cachait en réalité Jack Sion, un graphiste à la retraite aujourd’hui âgé de 78 ans.

Son mode opératoire était réglé comme du papier à musique. Après des semaines de discussions passionnées et de mise en confiance, il proposait à ses conquêtes un rendez-vous « sensoriel » inspiré de 50 Nuances de Grey. Le deal ? Se laisser guider dans son appartement niçois les yeux bandés et les mains attachées par un foulard.

  • L’appât : Des photos d’un mannequin de pub (le « Cowboy Marlboro »).
  • Le stratagème : Plonger l’appartement dans le noir pour masquer sa vraie silhouette.
  • Le choc : Une fois le bandeau retiré, les victimes découvraient un homme de 68 ans (à l’époque), bien loin de l’athlète promis.

« Au moment où j’ai enlevé le bandeau, j’ai vu sa silhouette, un homme plus petit, pas athlétique du tout… j’ai eu envie de vomir. » — Témoignage d’une victime lors du premier procès.

Le « viol par surprise » : Un débat juridique explosif

C’est ici que l’affaire devient un tournant pour la justice. Jack Sion n’a utilisé ni violence physique, ni menace apparente. Pourtant, la Cour de cassation a tranché : mentir sur son identité physique et civile pour obtenir un rapport sexuel peut constituer un viol par surprise.

Le consentement des victimes a été vicié par une mise en scène déloyale. Jack Sion, lui, ne lâche rien. Pour sa défense, il s’agit de jeux « coquins » librement acceptés. Pourtant, l’enquête a révélé une face beaucoup plus sombre du personnage :

  • Un carnet de « chasse » : Il notait les failles psychologiques de ses cibles (deuil, divorce, maladie).
  • 342 contacts : Une mécanique industrielle de séduction numérique.
  • 24 rencontres identifiées : La plupart des femmes repartaient sous le choc, sans oser porter plainte.

Un enjeu de taille pour les victimes

Condamné à 8 ans de prison en 2021, Jack Sion comparaît aujourd’hui libre sous contrôle judiciaire, en raison de sa santé précaire. Ses avocats plaident l’acquittement, affirmant que les conditions des rapports avaient été définies en amont.

Pour les parties civiles, l’enjeu dépasse le simple verdict. Il s’agit de faire reconnaître que le consentement sur Internet ne donne pas le droit à l’imposture physique totale. Maître Mohamed Maktouf, avocat des victimes, rappelle que ses clientes attendent une condamnation ferme malgré l’âge de l’accusé, qui fêtera ses 79 ans en plein procès.

Les jurés de Nice ont jusqu’au 15 mai pour décider si Jack Sion est un simple « menteur » ou un criminel ayant utilisé le numérique comme une arme de prédation.

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