Un plébiscite historique à Saint-Béat-Lez
Le dimanche 15 mars 2026 restera gravé dans la mémoire des 400 habitants de ce village pyrénéen. Avec un score impressionnant de 86 % des suffrages (207 voix sur 241 votants), Charlotte Perefarres a littéralement balayé la concurrence dès le premier tour. « La gamine du village », comme l’appellent affectueusement certains aînés, n’est plus seulement la voisine d’à côté, elle est désormais l’édile.
Loin d’être une novice parachutée, Charlotte connaît chaque pierre de sa commune. Elle y a grandi et s’était déjà engagée comme conseillère municipale à l’âge de 18 ans. Pour cette élection, elle a mené une campagne de terrain intense, misant sur le contact direct et le porte-à-porte pour convaincre les plus sceptiques.
« On ne peut pas dire tout le temps aux jeunes de s’engager pour ensuite leur reprocher leur âge quand ils y vont. »
Le quotidien intense entre Amphi et Mairie
Si la plupart des étudiants de son âge jonglent entre les partiels et les jobs étudiants, Charlotte, elle, doit désormais gérer un budget municipal et des projets d’urbanisme. Actuellement en Master de droit des collectivités territoriales à l’Université de Toulouse, elle profite d’un emploi du temps aménagé pour assurer ses fonctions.
- Étudiante : Elle termine son cursus juridique avec deux jours de cours par semaine
- Monitrice de ski : L’hiver, on peut la croiser sur les pistes de Peyragudes
- Maire : Elle prend officiellement ses fonctions ce vendredi pour un mandat de six ans
Pour elle, être maire est une fonction et non un métier. Elle n’envisage d’ailleurs pas de faire carrière uniquement dans la politique, souhaitant travailler plus tard dans les ressources humaines. Cette vision pragmatique semble avoir rassuré les électeurs qui voient en elle un vent de fraîcheur nécessaire.
Trois priorités pour réveiller le village
Sa liste, baptisée « Mieux vivre à Saint-Béat-Lez », ne manque pas d’ambition. Charlotte Perefarres veut redonner de la fierté aux habitants à travers des dossiers très concrets. Le village, traversé par la Garonne, possède un potentiel touristique et sportif qu’elle compte bien exploiter pour dynamiser l’économie locale.
Voici les chantiers prioritaires de son mandat :
- Cadre de vie : Reconstruction de bâtiments sinistrés et valorisation du site de Géry.
- Loisirs : Remise en service de la piscine intercommunale, fermée depuis 2024.
- Lien social : Création de commissions municipales ouvertes aux citoyens non-élus.
L’aspect participatif est le pilier de sa méthode. Charlotte veut casser la distance entre les élus et les administrés. En ouvrant les commissions aux habitants, elle espère que chacun se sentira impliqué dans les décisions qui impactent leur quotidien. Le marché local et les repas partagés feront aussi leur grand retour pour renforcer l’esprit communautaire.
« Les citoyens doivent se sentir écoutés et impliqués. C’est exactement ce que je veux faire. »
L’âge : un atout plutôt qu’un frein
Devenir l’une des plus jeunes maires de France attire forcément les projecteurs, mais Charlotte Perefarres garde la tête froide. Si quelques critiques sur son manque d’expérience ont pu surgir durant la campagne, le résultat des urnes a clos le débat. Elle rappelle d’ailleurs avec sagesse qu’elle n’est pas seule : elle s’appuie sur une équipe solide mêlant fougue et expérience.
Son élection s’inscrit dans une tendance plus large de rajeunissement de la classe politique locale. À l’image d’autres jeunes élus en France, elle incarne une génération qui refuse d’être simple spectatrice. Pour Charlotte, redonner de l’ambition citoyenne aux jeunes est une mission de santé publique pour la démocratie.
Sa famille, présente lors du dépouillement, ne cache pas sa fierté. Ses parents, sa sœur et ses grands-parents ont vu « la petite » devenir la figure de proue de Saint-Béat-Lez. Désormais, Charlotte a six ans pour prouver que la valeur n’attend pas le nombre des années et transformer son village natal selon ses convictions.








