Le drame, survenu dans la nuit du vendredi 10 au samedi 11 juillet 2026, a suscité une immense vague d’émotion. Derrière cet acte d’une extrême violence se cache le profil d’un agresseur en série qui venait tout juste de retrouver la liberté, un mois à peine avant de frapper à nouveau au cœur du pôle universitaire des Bouches-du-Rhône.
Une nuit de canicule qui vire au cauchemar
La victime, une étudiante de 19 ans logée à la résidence universitaire des Gazelles à Aix-en-Provence, était simplement sortie vers 1 heure du matin pour chercher un peu de fraîcheur face à la chaleur étouffante de sa chambre. C’est à ce moment qu’elle croise la route de Christian Egloff.
Sous la menace d’une arme, le quadragénaire la contraint à monter à bord de son véhicule avant de l’isoler à plusieurs kilomètres de là pour lui faire subir un viol. Malgré la terreur, la jeune femme fait preuve d’un sang-froid extraordinaire :
Elle est parvenue à composer discrètement le 17 sur son téléphone portable. Au bout du fil, les policiers entendent les échanges avec son bourreau et déclenchent une course contre la montre.
Le ravisseur finit par s’en rendre compte et éteint le téléphone. Relâchée, l’étudiante parvient à regagner son domicile et fournit aux forces de l’ordre le numéro de la plaque d’immatriculation qu’elle a mémorisée, permettant l’interpellation du suspect moins de quatre heures après l’agression.
Christian Egloff : un violeur en série azuréen
Pour les enquêteurs de la brigade criminelle, le nom de Christian Egloff n’est pas inconnu. Cet homme originaire des Alpes-Maritimes traîne derrière lui un historique judiciaire terrifiant qui témoigne d’une dangerosité extrême.
En janvier 2013, il avait comparu devant la cour d’assises des Alpes-Maritimes à Nice pour une série de crimes sexuels commis sur une période de six mois à peine en 2010. Face aux jurés, il avait alors prononcé une phrase glaçante :
« Je sais que c’est mal, mais c’est plus fort que moi. »
Le dossier de l’époque mettait en lumière un prédateur méthodique et compulsif :
- Au moins six crimes à caractère sexuel commis sur de jeunes femmes âgées de 16 à 28 ans.
- Un mode opératoire identique, consistant à cibler ses victimes aux abords des lycées ou des campus.
- Des condamnations pour enlèvement, séquestration, viols et extorsion de fonds.
Condamné à 18 ans de réclusion criminelle assortis d’une peine de sûreté de 12 ans, il passe quinze ans derrière les barreaux avant d’entamer son processus de libération.
Un mois de liberté avant la récidive
C’est le point qui suscite aujourd’hui une vive polémique : Christian Egloff venait tout juste de sortir de détention le 6 juin 2026. Afin de préparer sa réinsertion, ses six derniers mois de peine s’étaient déroulés sous le régime du placement extérieur, un protocole qui s’était déroulé « sans incident » d’après le parquet.
À sa sortie, un suivi socio-judiciaire strict avait pourtant été mis en place par les autorités compétentes. Cela n’aura malheureusement pas suffi à empêcher le criminel de reproduire son schéma destructeur et de s’en prendre à une nouvelle étudiante, seulement quelques semaines après avoir quitté sa cellule.
Placé en garde à vue par la division de la criminalité territoriale des Bouches-du-Rhône, le suspect de 47 ans est immédiatement passé aux aveux lors de ses premières auditions. Il a été mis en examen pour enlèvement, séquestration, viols et agressions sexuelles avec arme, le tout en état de récidive légale, avant d’être renvoyé directement en détention provisoire.







