Incendie Crans-Montana : témoignage de Mélanie rescapée

Sortie du coma il y a quelques jours, Mélanie Van de Velde, survivante de l’incendie du bar Le Constellation, sort du silence dans une lettre bouleversante qui secoue les réseaux sociaux.
mélanie crans montana

Le saut de la dernière chance au Constellation

On l’a tous vue sur ces vidéos terrifiantes qui ont tourné en boucle au lendemain du réveillon 2026. Une silhouette déboussolée, le buste ensanglanté, enjambant une rambarde pour échapper aux flammes. Cette « fille sans nom » a désormais un visage, ou plutôt ce qu’il en reste. Mélanie, 33 ans et maman d’une petite fille, n’a pas sauté par héroïsme, mais par pur instinct de survie.

« J’ai sauté une rambarde, non pas par bravoure, mais parce qu’à cet instant précis, le feu était plus fort que la peur. Parce que rester aurait signifié mourir. »

Aujourd’hui hospitalisée au CHU de Nantes après un passage par Zurich, la jeune femme originaire d’Angers entame un combat contre la douleur, cette compagne qui « s’installe, use et envahit ». Brûlée à près de 40 %, notamment au buste et au visage, elle décrit un quotidien fait d’épreuves physiques insupportables, où chaque changement de pansement devient une torture bimensuelle.

Un visage et une identité volés par les flammes

Le récit de Mélanie touche au cœur de l’identité. À 30 ans passés, se voir dépossédée de ses traits est un traumatisme que les mots peinent à guérir. Dans sa lettre ouverte, elle évoque cette perte intime : son visage, celui que sa fille reconnaissait, n’existe plus. Elle ne parle pas de guérison, mais de transformation forcée.

L’éloignement aggrave sa détresse. Soignée à Nantes, loin de sa vie en Suisse, elle souffre de ne pas pouvoir serrer sa petite fille dans ses bras. « Ma vie ne sera plus jamais la même. Mon corps ne sera plus jamais intact », écrit-elle. Pour Mélanie, la peau est devenue le parchemin cruel de cette nuit du 31 décembre qui a coûté la vie à 41 personnes.

Justice pour Crans-Montana : le silence est une brûlure

Au-delà de la souffrance médicale, Mélanie porte une colère sourde contre l’injustice. Alors que l’enquête pointe des responsabilités accablantes, elle dénonce le décalage entre son calvaire et la liberté de ceux qui géraient l’établissement. Pour rappel, le couple de propriétaires français est visé par une enquête pour homicide et lésions corporelles par négligence.

  • Un drame évitable : L’incendie a été causé par des bougies « fontaine » enflammant une mousse isolante non conforme.
  • Failles administratives : La commune de Crans-Montana a admis l’absence de contrôles de sécurité depuis 2019.
  • Bilan humain : 41 morts et 115 blessés, dont beaucoup de jeunes entre 14 et 39 ans.

En prenant la parole, Mélanie refuse de rester une statistique de fait divers. Elle veut que le monde voie les corps mutilés et les identités brisées derrière les titres de presse. Son avocate, Me Noachovitch, décrit une femme « extraordinairement forte » malgré la vie de souffrance qui s’annonce.

« Je suis Mélanie. Je suis vivante. » Par ces mots, elle rappelle que le combat pour la vérité est aussi vital que la cicatrisation de ses plaies. Le chemin sera long, mais sa voix, elle, n’est plus étouffée par la fumée.

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